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Play Boys : la guerre n’est pas une raison pour se faire mal, mais…
Crédit: photosofwar

Quand j’ai choisi Play Boys, je ne savais pas trop à quoi m’attendre comme histoire. J’ai fixé mon choix assez rapidement sur ce livre parce que le propos était hors du commun pour un roman québécois (en me fiant à la quatrième de couverture). Je croyais aussi que ça s’éloignerait du drame familial, qui semble être dans le top 5 des sujets préf' des écrivains d’ici. Eh boy, que je me suis trompée…
 
Par contre, je ne considère pas cette fausse impression comme une mauvaise chose. Il faut un fil conducteur à n’importe quelle histoire et c’est probablement encore plus vrai quand on parle de la guerre. S’il n’y a pas de lien direct avec celle-ci, qui se sentirait interpellé par les événements du récit? Personne. Le meilleur moyen de prendre le monde par les sentiments? Avec la famille, of course.
 
Ref’at, sa mère et son frère vivent ensemble, mais où est leur père? Quel mystère entoure sa disparition? Et qu’est-ce qui se passe dans la famille de tante Khalto Rana? Ce ne sont pas des situations bien dramatiques quand elles sont prises individuellement, mais le climat de guerre dans lequel les personnages évoluent change toute la donne et leur donne une importance cruciale.
 

Guerre
Crédit : Chocking On The Ashes Of Her Enemy/Tumblr

 
Je ne sais pas pour vous, mais moi, je n’ai jamais vécu la guerre. Je n’ai jamais entendu de tirs de fusil semi-automatique, de roquettes exploser, je n’ai jamais vu des gens que je connais en mourir ou y participer. Mon « expérience » est celle d’une spectatrice qui en connaît les effets néfastes sans les ressentir, un peu comme dans cette chronique. Play Boys rapproche le lecteur de l’action et des sentiments qu’on peut éprouver quand on vit cette violence.
 
De ce que j’en sais, la guerre change à jamais ceux qui la vivent. Je trouve donc que l’avant-dernier chapitre de Play Boys (celui qui a un titre) est une parfaite représentation de cette transformation que la guerre opère sur les gens.

[SPOILERS] Le chapitre raconte en gros comment Ref’at devient un enfant-soldat en mission semi-suicide pour le compte du parti qui occupe son immeuble. Sa dégringolade est surprenante et rapide quand on la compare au reste du roman et je trouve que ça crée une cassure dans la fluidité de l’histoire. On comprend malgré tout ce qui a poussé Ref’at à agir ainsi : la fin de son amitié avec son cousin, l’impression d’avoir été manipulé par son frère, le silence de sa mère par rapport à son père et les documents cachés trouvés sur ce dernier.
 
Je crois qu’au fond, il s’agissait d’un cri du cœur de la part du personnage, et qu’il a choisi de se tourner vers la source de tous ses malheurs pour y mettre fin. La finale indique que les choses s’améliorent pour Ref’at. Comme dans la vraie vie, la tempête finit par passer et les choses vont mieux quand le soleil se remet à briller.

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