L'itinérance chez les femmes : une problématique qui nous concerne toutes.

Crédit photo: La rue des femmes

Le 29 mars dernier, je suis tombée sur une histoire des plus inspirantes sur mon fil d'actualités Facebook. Il s'agissait d'une connaissance, Maylee Keo, qui racontait sa rencontre improbable avec une femme autochtone dévastée, assise par terre dans le métro et qui disait vouloir mourir. 

Elle a pris le temps d'enlever ses écouteurs, de faire marche arrière, d'écouter la dame en question et de lui venir en aide. Je la cite : « Elle me racontait que son fils a fait une tentative de suicide, que son père la maltraitait, sa tante venait de mourir, elle était partie de chez elle à 16 ans... c'était beaucoup à assimiler en si peu de temps, mais ce n'était pas le moment de tout lâcher tout de suite. » Maylee et la dame ont ensuite dîné ensemble, avant que cette dernière ne reparte dans son refuge, proche de Saint-Laurent. 

L'ITINÉRANCE CHEZ LES FEMMES 

L'histoire de Maylee Keo et de la dame autochtone (de son nom fictif, Anne) ne fait que mettre en lumière une problématique bien implantée dans les rues de la métropole et que personne ne semble plus (vouloir) voir. Soit par habitude, soit par réelle indifférence. Selon des statistiques publiées par Radio-Canada en 2014, il y aurait environ 30 000 sans-abri à Montréal et depuis quelques années, le nombre de femmes dans ce groupe serait en forte augmentation. En 2011, le nombre de places disponibles pour les héberger était de 901 à long terme, et de 751 à court terme. Le calcul est simple : il n'y a pas assez de places pour tout le monde et c'est alarmant. 

Crédit : La rue des femmes 

Les femmes sont non seulement davantage sujettes aux agressions que les hommes, mais elles sont également victimes de tous les préjugés généralement associés aux itinérants. Un combo qui à lui seul fait office de véritable arme de destruction massive.

Des organismes comme La rue des femmes font tout en leur pouvoir pour lutter contre l'itinérance chez les femmes et leur travail devrait être salué par tous. Le 27 mars dernier, j'ai pu assister à l'événement Soupe pour elles, organisé par Sophie Brochu dans le cadre de L'Effet A, une initiative visant à encourager l'ambition chez les femmes. Plus de 1 000 personnes se sont déplacées pour y assister et c'était beau de voir tout cet élan de solidarité pour venir en aide aux femmes itinérantes, ces éternelles oubliées de la société. Au total, près de 80 000 dollars ont été ramassés pour être remis à l'organisme La rue des femmes. 

Crédit : L'Effet A / YouTube 

De son côté, Je compte Mtl 2015 s'est donné comme défi de recenser le nombre total de sans-abri à Montréal. L'opération s'est entamée le 24 mars dernier et il s'agit d'une initiative très louable dans ce contexte-ci.

L'histoire de Maylee m'a particulièrement touchée, car rares sont les personnes (moi y compris) qui prendront le temps de s'arrêter, pas pour donner du change à la personne, mais pour réellement leur parler. Une sorte de barrière semble les séparer du reste de la population et il est important, selon moi, d'en être conscientes. Ces femmes itinérantes pourraient être vous. Elles pourraient être moi, elles pourraient être votre mère, votre amie, votre sœur, votre tante, une connaissance.

Il existe plus de 100 organismes communautaires qui offrent des services aux personnes itinérantes à Montréal seulement, et ce, sans compter les maisons d'hébergement. Merci à ceux-ci d'exister, car ils sauvent des vies.

Littéralement.  

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