Dans la vie, il y a toute une zone grise entre les gens dits « bons » versus les « méchants ». J’utilise des guillemets, parce que ce qui est bon pour moi ne l’est pas nécessairement pour vous et vice-versa. C’est relié à nos valeurs, à nos expériences et à nos traits de personnalité.
 
Rien de nouveau jusqu’ici. Tout ça nous façonne en tant qu’être humain, sans distinction de genre. Les hommes n’ont pas le monopole de la violence et de la cruauté, les femmes ne sont pas toutes réservées et aimantes. Ça n’excuse pas les comportements malsains, ni les stéréotypes auxquels trop de gens font souvent référence.
 

 
C’est exactement ce que pense Gillian Flynn, auteure de Les apparences. Accusée plusieurs fois de misogynie (à cause de ses personnages féminins dysfonctionnels), elle a dédié une section de son site Internet (en anglais) sur cette facette de son écriture qui vaut vraiment la peine d’être lue.
 
Ce genre de critique a refait surface quand Les apparences est sorti au cinéma. Gillian Flynn se considère comme très féministe, mais elle déplore l’absence de female villains dans la culture d’aujourd’hui (films, littérature, etc.). Traduction libre d’une citation tirée d’une entrevue avec The Guardian en 2013, qui exprime très bien son point de vue sur le sujet :
 
« Est-ce que le féminisme c’est juste se donner du pouvoir, le girl power, le you-go-girl, et finalement être la meilleure personne possible? À mes yeux, c’est compartimenter le féminisme dans une TRÈS petite boîte. On a la possibilité d’avoir des femmes comme vilains personnages. Une chose qui me frustre vraiment est cette idée que les femmes sont intrinsèquement bonnes et maternelles. En littérature, quand une femme est mauvaise, il y a toujours une "bonne" raison derrière son comportement afin de l’excuser. On rejette l’idée que les femmes peuvent être pragmatiques, calculatrices et viscéralement méchantes. Je n’écris pas des psycho bitches; elles n’ont pas de plans ou de motifs valables. On peut alors facilement les mettre de côté parce qu’elles manquent de profondeur. »
 
À la lumière de ces propos, on ne peut qu’être d’accord avec elle. Le personnage d’Amy Dunne est horrible, mais quand on lit le livre on comprend absolument d’où ça vient et où elle s’en va : elle a un but, des motifs, et au final elle gagne. Je peux comprendre pourquoi il y a accusation de misogynie (elle est un wet dream pour les MRAs), mais ce n’est pas fondé quand on regarde le tableau complet.
 

2 sides - TPL
Crédit photo : moviepilot.com

 
Nick Dunne n’est pas une victime. Il est sans colonne, ne prend jamais responsabilité de ses actes et en PLUS, il a trompé sa femme. Le livre est très clair sur la dynamique du couple Amy-Nick grâce à l’accès aux raisonnement derrière les actions de Nick (contrairement au film). C’est aussi ce que Gillian Flynn recherchait : en fait, son but premier était d’écrire sur la relation d’engagement suprême (le mariage) entre deux personnages hautement détestables. Au final, on peut dire qu’elle a réussi son pari!
 
*Autre article d’intérêt sur le sujet via Jezebel (en anglais)*
 
Trouvez-vous que Gillian Flynn fait preuve de misogynie dans Les apparences?

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