Lorsque j’ai obtenu les résultats de mon dernier bilan de santé, il y a déjà un an, j’ai appris que j’avais la chlamydia. C’est la première fois que j’attrapais une infection transmissible sexuellement (ITS). J’ai réalisé qu’attraper une ITS est encore stigmatisé et que c’est bien plus courant que ce que l’on pense.

La chlamydia : qu’est-ce que c’est?

C'est une infection causée par la bactérie Chlamydia trachomatis. Elle touche principalement les adolescent.e.s et les jeunes adultes, particulièrement les femmes entre 15 et 24 ans, car c'est la population ayant signalé le plus de cas.

Entre pertes vaginales et écoulements anormaux par le pénis ou l’anus, picotements ou sensation de brûlure en urinant, douleurs aux testicules ou dans la région de l’anus, les symptômes peuvent varier selon les femmes et les hommes. Toutefois, un fait important à savoir est qu’environ 80 % des femmes et 50 % des hommes ne présentent pas de symptômes et iels peuvent alors être infectés sans le savoir.

Mon diagnostic

Même si je n’avais pas de symptômes, je n’étais pas surprise. J’étais même soulagée d'avoir la chlamydia et non pas le VIH. J’étais très anxieuse à l’idée d’ouvrir mes résultats. Mon cœur battait, j’avais les mains froides et j’avais mal au ventre. J'en étais étourdie.

Le médecin n’a porté aucun jugement et m’a prescrit un traitement aux antibiotiques pendant une semaine pour guérir l’infection. Il m’a aussi conseillé d’aviser tous les partenaires sexuels que j’avais eus dans les trois mois précédents. La honte! Eh oui, j'en étais terrifiée.

Aviser mes partenaires

Cela m’a pris du courage, mais je les ai avisés rapidement pour qu’ils puissent passer un test de dépistage, recevoir un traitement et ainsi éviter qu'ils ne transmettent l’infection à d’autres personnes. Il y en a deux qui ont appris la nouvelle et ont réagi respectueusement en me remerciant de les avoir avisés et ils sont allés se faire tester sans soucis.

Cependant, il y en a un qui ne s’est pas gêné pour me dire que j’étais pire qu’une prostituée et que je devrais avoir honte d’avoir couché avec d’autres gars après lui. Exemple classique de manque de maturité : jeter le blâme sur autrui au lieu d’accepter sa part de responsabilité. En plus de n’avoir jamais parlé de protection quand on s’est vu, c’est lui qui a mis fin à la relation. Sa réaction m’a fait de la peine parce que je m’en voulais beaucoup et aussi parce que je tenais encore à lui. Cela m’a déçu et m’a aidé à move on.

Leçons retenues

Pour dire toute la vérité, je dois admettre que je couchais avec des gars différents sans condoms en connaissant bien les risques et ceci, depuis bien des années. Pourquoi? Je n’ai même pas de réponse. Ce n’est pas parce que ces partenaires voulaient absolument le faire sans protection. La question ne se posait même plus.

Dans le feu de l’action, ni moi ni mes partenaires ne mentionnions le condom. C’est devenu une habitude. Je sais que c’est irrationnel, mais une grande partie de moi préférait ne pas y penser et cultiver l’idée que ça ne m’arriverait pas. La situation aurait pu être bien plus grave et je ne veux plus prendre ce risque.

Je ne veux plus revivre cette expérience. Je tiens à ma santé et je me protège maintenant. Je demande à mes éventuels partenaires d’apporter des condoms et s’ils ne veulent pas, too bad. Ma santé vaut bien plus qu’un moment de plaisir éphémère.

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