Je me suis toujours dit que je suis une vraie, c’est-à-dire que je suis le genre de fille qui n’aurait jamais dû sortir avec un gars de sa vie. Pourtant, je me suis bien souvent niée, trop souvent, probablement.

Je n’habite pas en ville, je suis loin du quartier gai, je suis une lez de banlieue meaning que la communauté LGBTQ+ est à peu près nulle où j’habite. Disons qu’être loin de ses pairs, ça aide assez peu à s’affirmer, on se sent seul.e, on se sent différent.e et, surtout, on ne se sent pas compris.e.

Mon premier lesbian crush, je l’ai eu sur ma gardienne quand j’avais quelque chose comme huit ans, mais j’ai commencé à vraiment m’affirmer à 21 ans. C’est cette année-là qu’en écrivant sur le magazine LSTW, j’ai constaté que j’étais incapable de me positionner objectivement. LSTW, c’est ma communauté, c’est ma crew.


Crédit : Giphy
 

Pourtant, se dire publiquement lesbienne et s’avouer intérieurement son orientation sexuelle, c’est deux choses. Mes ami.e.s m’ont toujours vue avec des gars et, honnêtement, ils ne m’ont jamais vue amoureuse avant aujourd’hui. Par contre, ils arrivent toujours à me lancer des commentaires déplacés. À leurs yeux, je ne suis qu’une straight « différente », une bisexuelle, au mieux. Ceux qui me connaissent mieux savent que je suis une pure laine qui s’est trop souvent ignorée sous les regards piétinants de la société.

Maintenant, je vois la situation autrement. Je n’ai pas honte de dire que j’ai une blonde, même que je parle d’elle pas mal trop souvent. Quand on se tient la main dans des lieux publics, je la serre avec fierté et chaque fois que j’offense un.e banlieusard.e avec ma vie, je le.la fais sentir mal de me juger. Et surtout, de la juger elle.

Ma blonde a coupé mes cheveux encore plus courts qu’ils ne l’étaient, je me sens boutch et c’est tellement libérateur. Chaque coup de ciseaux était une victoire personnelle sur les regards sociétaux qui me pesaient depuis bien des années.

Identité définie, en définition, sans définition, qu’importe! 

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