En Corée, j'ai vécu des tas de choses dépaysantes et incroyables, mais je suis très peu sortie de ma zone de confort (qui est plus grande que je pensais, finalement!). J'étais à Busan, une ville au sud, et je voyais ces signes partout : 

Crédit : kimchisurprise
 

Après une vague recherche, je me suis rendu compte que c'est le symbole représentant les bains publics coréens. J'en ai vu dans toutes les villes que j'ai visitées, de Séoul aux coins les plus reculés. Fallait absolument essayer ça!

On s'y est donc dirigés, sans exactement savoir de quoi il en retournait. Les employés parlaient très peu anglais, mais on a à peu près compris ce qui suit : 

  1. Ce sont des bains publics;
  2. Il est possible d'y rester maximum 12 heures. Un étage commun offre petits matelas, connexion Wi-Fi, saunas et télévisions;
  3. Les sexes sont séparés dans les bains, car...
  4. Les vêtements sont interdits. TOUS.

WHAT? TOUTE NUE?
 

Crédit : popkey

Je ne suis pas la plus pudique en ville. Je me sens assez bien sans vêtements et je n'ai pas trop honte de mon corps en général. En public, par contre, c'est une autre histoire! Je me suis fait donner une clé pour embarrer mes vêtements et mon orgueil, et je me suis dirigée vers les bains, les bras cachant naïvement mon intimité. En passant la porte, j'ai été fucking dépaysée.

Il y avait là une bonne centaine de femmes, si ce n'est pas 200, nues, parfaitement à l'aise, qui se foutaient autant de moi que de leur voisine. Des femmes de toutes formes, tailles, âges. Certaines grand-mères, je présume, venaient avec leur petite-fille. Des amies dans la vingtaine papotaient dans les sources d'eau chaude, en se frottant chacune le dos. Au fond, une chute d'eau très puissante massait le dos de quiconque supportait la pression dessous. 

Le bain public remplissait son unique fonction : se laver. Et moi, j'arrivais là, la seule occidentale nunuche qui avait ni savon ni shampooing. J'avais tellement peur qu'elles croient que je venais me rincer l'œil, que j'embarque dans leur intimité pour les juger... puis une femme d'environ 70 ans s'est approchée de moi, m'a donné un seau pour me rincer et un shampooing au henné. Elle m'a souri, m'a jasé un peu puis est partie. Toute ma gêne s'est envolée. J'étais seulement une femme parmi toutes les autres, à vouloir relaxer et me laver. 

J'ai passé une bonne heure dans les bains, à alterner entre l'eau chaude et la plus fraîche, à me détendre dans les saunas secs et humides, à somnoler sous des lampes infrarouges. Je me sentais super détendue.


La pièce commune.
Crédit : bisforbear

Selon ce que j'ai lu, les bains publics sont une destination de choix pour les Coréens qui veulent ventiler après la job, qui veulent passer un moment calme en famille ou juste se laver dans plus d'espace que chez eux. C'est ancré dans leur culture et c'est souvent plein. La majorité des jiljimbang sont ouverts 24 h et ça coûte presque rien.

Au sortir de ma longue détente, des séchoirs et des crèmes hydratantes étaient à disposition. 

J'ai rarement vécu une expérience aussi enrichissante. Je voyais les jeunes filles qui, dès leur plus jeune âge, voyaient des corps de vraies femmes, toutes différentes et belles, et je les trouvais chanceuses. Quel plus beau modèle à avoir que son entourage, finalement? J'aurais voulu avoir la chance d'y retourner avant mon retour. C'était tout simplement incroyable! Quoique la prochaine fois, j'aurais amené du savon, ha!

Avez-vous déjà vécu une expérience semblable? Avez-vous aimé?

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