Se perdre au fond d'une bouteille : pourquoi j'ai cessé de boire - Partie 1

Se perdre au fond d'une bouteille : pourquoi j'ai cessé de boire - Partie 1

Le 24 mars dernier, j’ai décidé d'arrêter de boire. 

Il faisait beau dehors. Vous savez, la première journée de l’année qui nous annonce que l’hiver achève, que le soleil s’en vient et qu’il y a encore de l’espoir?
(Habituellement, on annonce 30 cm de neige la journée suivante et à chaque année, on fait semblant d’être surpris.e)

Bref, cette journée-là, je contemplais avec admiration les quelques motivé.e.s  qui s'étaient aventuré.e.s à enfiler leurs running shoes pour se taper un petit jogging sous le soleil doux. 

 À ce moment-là, deux réflexions ont traversé simultanément mon esprit :

« J'aimerais dont ça avoir un bon cardio. » 
 
« C'est cri**ement poche que je boive trop. »
 
Fouillez-moi pourquoi, mais après des mois à savoir que ma consommation quotidienne d’alcool était devenue fuck*ng problématique et à repousser l’inévitable, c’est cette dernière p'tite phrase-là qui a eu l’effet d’un coup de pelle dans face. 

Ma consommation d'alcool m'empêchait de devenir la personne que je désirais être. Pis je ne parle pas seulement sur le plan de l'activité physique parce que je n'ai pas jeté un seul coup d'oeil à mes souliers de course depuis ma réalisation, to be honest. Par contre, j'ai réalisé que ma routine confortable de Netflix and wine a fait obstacle à toute initiative d'améliorer la personne que je suis, de travailler sur mes ambitions et même de maintenir des relations saines avec les gens que j'aime. 

Et ce, pendant deux ans et demi.

Je m'explique : boire était pour moi une forme d'anesthésie contre un énorme sentiment de solitude. J'ai découvert que le vin est une source de réconfort incomparable quand on a une vie sociale quasi-inexistante et des tendances anxieuses un brin trop envahissantes.

J'avais lu qu'une étude, à quelque part, dit que c'est bon de bouère une coupe par jour. Je suis qui pour m'obstiner, right

Donc, ça a commencé par ça : une coupe par jour. Puis trois, puis une bouteille (cachée la plupart du temps pour pas me faire call out). Mon budget a commencé à tourner autour de ça et mon temps aussi. Je n'étais intéressée qu'aux activités qui impliquaient au moins une consommation. Je savais que c'était un problème. 

Mes amies proches savaient aussi que c'était un problème, même si elles n'intervenaient pas tellement. Pour ça, d'ailleurs, je leur en suis infiniment reconnaissante. Parce qu'une intervention forcée, même si c'est par des gens que j'aime qui s'inquiètent de mon bien-être, m'aurait seulement poussée un peu plus vers l'isolement.

Fait qu'un petit conseil de la part d'une fille qui s'est sortie la tête de l'eau récemment, si vous vous inquiétez de la consommation d'une personne, la meilleure chose que vous pouvez faire, c'est d'être présent.e pour elle. Écoutez-la, ne la jugez pas et suggérez-lui des ressources accessibles. 

La consommation abusive et la dépendance ne sont souvent que des symptômes du véritable problème. Pour moi (et probablement plusieurs autres), c'était juste la méthode la plus facile d'endormir mes combats intérieurs. 

(Partie 2 à venir)

Ressources disponibles

Drogue Aide et Référence (24h/24)
Service de ligne d'écoute, d'aide et de références
Teléphone: +1 800-265-2626
Site Web: http://www.drogue-aidereference.qc.ca

Centre de réadaptation en dépendance de Montréal (CRDM)
Service d'accompagnement et de thérapie 
Téléphone: (514) 288-1232
Site Web: https://ciusss-centresudmtl.gouv.qc.ca

 

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