Voilà presque un an, l’homme que je croyais être le bon a décidé pour nous deux que c’était terminé après presque trois ans de relation. Avant de lire cet article, découvrez la première partie de ce témoignage.

 

Cinquième étape : Ne pas être à sa place

Durant deux mois environ, je ne me suis pas sentie à ma place. Oh que ce fut long, cette étape-là. Elle a coïncidé avec mon retour en France et la véritable séparation: deux affaires compliquées à gérer en même temps. Je me répétais souvent que ma place était au Québec et que j’avais fait le mauvais choix. Une chose me restait surtout en tête: j’aurais dû passer Noël avec ma belle-famille. Je n’arrêtais pas de me le répéter.

J’avais juste envie de fuir la France et ma famille, que je voulais tant revoir au départ. Cet état me montrait clairement que je n’allais pas bien, mais au moins, je m’en rendais compte et je savais que ce sentiment de rejet n’était que le symptôme de mon mal-être à ce moment-là. J’ai un peu fui d’ailleurs, et j’ai pris un billet d’avion sur un coup de tête pour partir voir une amie à la Réunion (merci mon cher frère pour ce premier cadeau).

Crédit:Crédit : Giphy

C’est aussi la période où je continuais à considérer les solutions pour retourner au Québec. Je me voyais revenir à l’hiver, on allait sans doute se revoir et tout irait mieux. Encore une fois, je pensais mes actes par rapport à lui. Mais pensait-il les siens par rapport à moi? Je ne pense pas et c’est, au fond, tout à fait normal. Il faisait sa vie et il fallait désormais que je fasse la mienne. J’ai eu très envie de lui écrire durant cette période, mais un peu moins envie de pleurer.

 

Sixième étape:  Être exactement à sa place

Ce fameux Noël. Je suis de ces personnes qui aiment la période des Fêtes qui est synonyme pour moi de famille, de vacances et de repas trop copieux. Mais cette année, comme vous l’aurez compris, je n’avais pas hâte.

Pourtant, ce Noël restera à jamais gravé dans mon esprit. Pourquoi? Car j’ai eu le plus beau cadeau que je puisse imaginer : mon frère nous a annoncé qu’il allait devenir papa. Mon.frère.va.devenir.papa. Je ne sais pas si je peux vraiment l’expliquer, mais disons simplement que mon cœur s’est à nouveau rempli. Le vide qu’avait laissé mon ex (et c’était un très gros vide) s’est tout d’un coup rempli d’un amour qui allait être, je le savais, inconditionnel.

Comment aurais-je pu manquer ça? Est-ce que tout ce que j’avais vécu durant les 6 derniers mois était fait pour que je me retrouve à cet endroit à ce moment exact? Certains diront que je crois trop au destin (ou aux miracles de Noël?), ce qui est sûr, c’est que j’étais finalement à ma place. Et tout d’un coup, je me suis sentie apaisée.

Ce soir-là, j’ai pleuré, mais pas pour les mêmes raisons que depuis 6 mois. J’ai pleuré de bonheur et je me suis sentie légère. J’ai pris la décision ce soir-là que je ne retournerais pas au Québec tout de suite.

 

Crédit:Crédit : Giphy

 

Septième étape : Être en colère

Ceux qui me connaissent savent que je ne m’énerve pas facilement, c’est peut-être pour cette raison que cette étape arrive tardivement. J’ai tout d’abord été en colère envers moi-même. Pourquoi et comment je peux rester dans cet état aussi longtemps? Six mois, c’est pour moi très long, sachant que mon dernier chagrin d’amour n’avait même pas duré 2 mois.

Et puis, j’ai été (enfin?) en colère contre lui. Rien d’extraordinaire ici, surtout de la déception. C’est comme si nous n’arrivions plus à communiquer. Ce fut le moment de la désillusion. Okay, il s’en fout; pourquoi je continue à me faire du souci alors qu’il semble n’en avoir rien à cirer? Qu’il aille au diable. Je n’ai pas aimé cette période, mais c’était sans doute nécessaire pour l’étape d’après.

 

Huitième étape : Penser à soi

Peut-être l’étape la plus importante : penser à moi. Remettons en contexte: j’ai eu 2 relations longues de 9 et 3 ans et je n’ai pas encore 30 ans. Si vous faites le calcul, je n’ai pas souvent eu l’occasion de penser uniquement à ma petite personne. Je ne m’en plains pas et je ne regrette rien, mais il est vrai que penser un peu à sa pomme, c’est agréable aussi.

Il m’a fallu un moment pour que je comprenne que tout ce qui s’était passé n’était pas ma faute. Comment puis-je penser que si nous ne sommes plus ensemble c’est ma faute alors que c’est lui qui a mis un terme à l’histoire en premier lieu? Finalement, il avait raison, ce n’était pas moi, c’était lui, mais je ne pouvais m’y résoudre (je ne suis pas sûre de pouvoir le faire encore pour tout vous dire).

La vidéo de Swann résonne en moi ici lorsqu’elle dit que « pour dominer une situation on se dit que c’est [nous qui sommes] responsables ». Mais finalement, je n’ai pas dominé grand-chose et si nous avions dû être à nouveau un couple, mon départ n’aurait pas sonné la fin définitive de notre histoire. Cela n’a pas aidé, c’est sûr, mais si nous ne sommes plus ensemble aujourd’hui, c’est parce qu’il m’a laissé un soir de juin, pas parce que je suis partie au début de l’automne.

S’aimer, penser à ses projets, se sentir en phase, avoir des envies solo, regarder autour de soi et ne plus culpabiliser. C’était quand, la dernière fois que j’ai pleuré?

La troisième et dernière partie de ce témoignage sera publiée bientôt.

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