Je dois vous avouer qu’avant le début du confinement obligatoire, j’étais parmi ceux qui se disaient que cette affaire-là allait durer seulement deux semaines et que tout le monde retrouverait sa petite routine après. Je sais maintenant que j'étais complètement dans le champ et que le retour à la « normale » n'aura rien de normal.

Mon retour au travail a donc été marqué par bien des rebondissements; j'y retournais à la suite d'un congé de maladie d'une durée de 6 mois et j'ai récemment reçu un diagnostic de dépression sévère avec épisodes d'anxiété. Tout ça fait en sorte que j’analysais tous les scénarios possibles et souvent, c’était des scénarios négatifs. Je poussais mes réflexions tellement à l’extrême que je m’empêchais de dormir le soir, ce qui me stressait davantage, car je me disais que je retournais au boulot avec une fatigue supplémentaire.

Finalement, après avoir essayé plusieurs médications différentes et consulté deux psychologues, mon retour au travail était imminent... même si je ne me sentais pas prête. Pour être honnête, je suis retournée au travail seulement parce que j'allais arrêter de recevoir mes prestations d'assurance-emploi et que je ne pouvais pas supporter un stress supplémentaire; je devais donc choisir entre ma santé mentale et ma santé financière.

Après plusieurs discussions avec mon copain, nous avons toutefois décidé qu'il était mieux que je prenne plus de temps pour soigner ma santé mentale et j'ai pris un mois de convalescence supplémentaire. Après, je devais toutefois retourner au travail. Je m'étais mis en tête que tous mes collègues connaissaient mes problèmes et j'en étais très mal à l'aise. Je ne voulais pas mélanger ma vie personnelle et ma vie professionnelle; je ne voulais pas être l'objet des potins de bureau et j'imaginais que les gens parlaient de moi. J’étais tellement fixée sur mes émotions et ma personne que je n’ai pas réalisé que c’est moi qui me faisais des scénarios imaginaires.

Lors de ma première journée au bureau, mon gérant est venu me voir pour me parler et me présenter plusieurs services pour faciliter mon retour au travail. J'étais vraiment contente de cette initiative, mais j'ai aussi été déçue parce que la structure de l'entreprise est telle que les performances des travailleurs et travailleuses sont comparées avec des statistiques journalières... et que ma maladie mentale ne m'en dispense pas. Malgré tout, je dois arrêter de me mettre de la pression et simplement continuer d'avancer à mon rythme.

C'est une des seules choses sur lesquelles j'ai un peu de contrôle, surtout en pleine pandémie.

 

Ton Petit EXTRA

Récemment, l'Association canadienne pour la santé mentale - Division du Québec et Filiale de Montréal nous a révélé plusieurs trucs pour mieux vivre le confinement; parce que ce n'est facile pour personne de vivre autant d'incertitudes.

Les astuces sont simples et faciles à adopter... et font une véritable différence sur notre bien-être au quotidien!

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