En mode quarantaine, je prends le temps de vous parler d’un métier oublié dans cette période de pandémie, malgré la proximité qu’il demande avec les gens; le métier de coiffeuse. J’ai moi-même été coiffeuse durant 9 ans alors je peux imaginer l’angoisse et la difficulté de devoir gérer la clientèle en ce temps de crise.

Ce ne sont pas tous les clients qui prendront les précautions nécessaires avant d’aller chez le coiffeur et qui se mettront en quarantaine dès leur retour de voyage. J’ai entendu l’histoire d’un couple qui a averti la coiffeuse à la fin de leur rendez-vous pour lui signaler qu’ils revenaient de l’étranger. C'est vraiment irrespectueux de mettre ainsi en danger la vie de personnes plus vulnérables, que ce soit la coiffeuse et sa famille ou les autres client.e.s de l'établissement.

Je comprends que pour une cliente qui à l'habitude de se faire coiffer chaque semaine et qui a son rendez-vous hebdomadaire de mise en plis bien intégré à son agenda, c'est peut-être difficile de changer la routine. Même chose pour la personne qui attend son rendez-vous depuis des mois, en mode « new hair, new me ». Je comprends l’excitation de se sentir renaître après un passage chez le coiffeur, mais reste que c'est un petit sacrifice à faire pour le bien commun.

Pour l'instant, les salons de coiffure sont laissés à eux-mêmes dans la décision de fermer leurs portes ou non. C'est donc à nous de faire preuve de bon jugement et de ne pas y prendre de rendez-vous si l'on a la moindre petite crainte d'avoir été en contact avec le COVID-19 (si nous revenons de voyage ou si c'est le cas d'un proche avec qui nous avons eu des contacts, par exemple). Il faut vraiment que collectivement, nous prenions les précautions nécessaires pour éviter la propagation.

Aussi, c'est une période extrêmement difficile pour tous les travailleurs et travailleuses autonomes. Ça serait donc bien si, en tant que client.e.s, on acceptait de reporter à plus tard notre rendez-vous si notre salon ferme momentanément ses portes plutôt que d'aller ailleurs. Je trouve que le service que ces professionnel.le.s nous offrent depuis des années à beaucoup plus de valeur que notre envie de changement capillaire, surtout en période de quarantaine.

Ça me rappelle le privilège que j’ai eu à l’époque de ma courte carrière comme coiffeuse de créer des liens avec des gens exceptionnels que je n’aurais probablement pas eu l’opportunité de rencontrer dans un autre contexte. Des personnes aux origines multiples et aux parcours uniques qui m'ont fait grandir. Même si on minimise parfois la relation client-coiffeur, je crois qu'il s'agit de plus qu'une relation de service; c'est un contact humain privilégié.

Faisons donc ce qu'il faut pour la préserver et que tout le monde soit en sécurité.

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