Violence médicale : la fois où un examen gynécologique m'a fait trop mal

Crédit photo: Gabrielle Gendron Violence médicale : la fois où un examen gynécologique m'a fait trop mal

Ça fait maintenant un mois que du sang coule de mon vagin. Un mois que mon corps se sent comme un vieux char dans une cour à scrappe. Ben en shape. Mes menstruations excessives m’inquiétaient. J'ai fait ce qu'il fallait. Je suis allée à la clinique voir un spécialiste inconnu de mon corps.

Je suis une bonne patiente. Je pose des questions, mais pas trop. Je me laisse examiner. Je fais confiance et je suis gentille. Malgré ma douleur d'ovaires, j'ai continué à avoir cette attitude. La médecin qui m'a reçue était froide, pressée. Elle m'a fait coucher sur son lit froid en simili cuir. Aucun papier blanc pour stériliser. Juste mes fesses collées et le sang qui coulait directement sur la couchette publique. Je feelais déjà ben akward, mais je n'ai rien dit. C'était une médecin, elle savait forcément ce qu'elle faisait.

Sans rien dire, ma médecin s'est exécutée. Elle a brusquement inséré un spéculum dans mon vagin endolori. Trop profondément. J'ai senti une très forte douleur dans mon ventre. Elle s'est mise à gratter très fort les parois de mon vagin. La souffrance m'envahissait, silencieuse. Après de longues minutes assez brutales, elle m'a dit qu'elle ne trouve pas mon col, qu'il fallait que je monte mes fesses. C'était un ordre. Elle me faisait sentir responsable : j'étais trop stressée. J'avais tellement mal que je pleurais en silence. J'avais honte. Elle a ensuite insèré trois doigts et étiré mon vagin sans aucune considération pour les larmes sur mes joues. Puis, sèchement, elle a arrêté. Elle n'avait pas réussi à trouver le col de mon utérus. C'était ma faute. Tout ce mal pour rien.

À la fin de son examen, je me sentais vide. Je me suis recroquevillée sur le bol de la toilette de clinique. J'ai pleuré beaucoup. J'avais mal dans mon corps d'une horrible façon. Je n'ai rien dit à personne. Je suis repartie chez moi avec mes crampes et ma prescription d'Alesse.

 


La douleur silencieuse de cette illustration de Roos van der Vliet me parle énormément.
Crédit : Roos van der Vilet

 

Le soir, j'en ai parlé un peu. Une personne proche de moi m'a dit que la médecin n'avait fait que son travail, que c'était normal d'avoir  mal.

J'en ai déjà eu des examens gynécologiques, je sais ce que c'est. Ça se passait généralement très bien. Celui-là était brutal et invasif.

Une amie m'a parlé de la violence gynécologique. C'est là que j'ai compris. Ce que j'avais vécu n'était pas justifiable. Avoir un titre respecté dans la société ne devrait pas mener à l'absence de considération pour les autres et leur douleur. Un examen gynécologique (ou toute autre intervention médicale) devrait être fait avec douceur et considération pour la patiente. Son vécu, son anatomie, sa douleur sont tant de ces choses que les médecins devraient respecter avant d'exercer leurs pouvoirs de tout puissant.

Je crois sincèrement que les médecins font un travail hyper important et respectable. Par contre, j'aimerais être capable de remettre en question certaines de leurs actions sans me sentir jugée. Je veux pouvoir poser des questions et m'exprimer quand j'ai mal où que je ne suis pas d'accord avec une de leurs opinions.

Parce que personne ne devrait vivre de violence médicale et gynécologique.


Sois doux avec mon utérus
Crédit : Leclubmay/Facebook

 

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