Babaille le shaming : le burnout étudiant existe et mérite que l'on s'y attarde

Crédit photo: Cassandra Cacheiro Babaille le shaming : le burnout étudiant existe et mérite que l'on s'y attarde

« Attends d'avoir des responsabilités, là tu pourras te plaindre que t'es fatiguée. À ton âge, moi aussi, je pouvais avoir quatre emplois et être à temps plein à l'école! »

Variation sur un même temps de clichés que j'entends très souvent. On est des étudiants alors la fatigue et le surmenage nous sont interdits. Tels des enseignants de 30 vies, nous avons de l'énergie à revendre et n'arrêtons jamais d'apprendre et de nous dépasser. Lolilol.
 


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Chers baby boomers de mon cœur, flash news, le burnout étudiant existe. Il fait tout aussi mal que le burnout « régulier ». Il est tout aussi difficile à accepter.

Il y a deux ans, un raz-de-marée a englouti mon petit équilibre de vie. J'ai fait une dépression. Je ne saurai jamais exactement le pourquoi du comment. Les bobos de tête tirent leurs origines d'un casse-tête d'un trilliard de morceaux. Je choke quand il y en a 100. Depuis deux ans, en thérapie, j'essaie d’assembler les petits morceaux un à un pour comprendre. J'ai au moins compris que ma tête avait vécu les secousses de trop du surmenage. Un genre de pas ben safe coquetel de trouble anxieux généralisé et surmenage.

Avec ma psy', on a calculé. Avec l'université, le travail, le bénévolat, mon implication dans l'association étudiante, c'était 90 heures par semaine qui partaient en fumée. Combinées à la pesante pression d'être aimée de tout le monde entier (et quelques autres problèmes), c'était trop pour mon corps.

J'ai dû évoluer pour essayer d'équilibrer ma tête. En ce moment, je suis en stage 40 heures par semaine. Je travaille avec les enfants les plus beaux et pétillants de la Terre. Pour y arriver, j'ai dû arrêter de travailler on the side. J'ai coupé le bénévolat. Appris à dire non. C'est une bataille de tous les jours.

Je n'ai pas fait de burnout, mais beaucoup des aspects de ma dépression s'y apparentaient. Par contre, je connais bien des étudiants qui en ont fait. Dans mes cinq années d'université, six de mes connaissances ont fait des burnout

Je crois sincèrement que banaliser la surcharge de travail des étudiants est dangereux. On devrait pouvoir avoir une armée de professionnels pour nous soutenir dans nos moments de détresse. Je rêve, là (allô les coupures connes). Par contre, un bon début serait d'arrêter de shamer le burnout et l'épuisement. Écouter sans juger la personne, l'aider à aller chercher de l'aide, qu'elle soit étudiante, professionnelle, maman à la maison ou même Jedi de l'Ancienne République.
 


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