J’ai toujours rêvé d’être entrepreneure. Depuis que j’ai 12 ans, je raconte à qui veut bien l’entendre qu’un jour, j’aurai ma compagnie. Au sein de ma famille et de mon groupe d’amis, j’étais la businesswoman, celle qui allait avoir sa compagnie et qui irait loin. Ça faisait partie de mon identité de vouloir être entrepreneure. J’ai poursuivi mes études en administration avec la certitude que ça me rapprocherait de mon rêve et m’aiguillerait pour la suite des choses.

Puis, ce fut l’heure de me lancer. Dans ma dernière année de bac, les étoiles étaient alignées pour que je lance mon entreprise, Muses. Et j’ai plongé, tout simplement. Je parle d’ailleurs de mon histoire en détail sur ma chaîne YouTube.

Au début, tout est enivrant. Tu tripes, c’est l’fun. Le monde t’encourage. Tu te sens super fébrile parce que tu sens qu’un nouveau chapitre de ta vie vient de s’ouvrir (d’autant plus que ce chapitre, je l’attendais avec impatience depuis très longtemps!).

Pis là, l’énervement du début s’estompe. Tu n’es plus poussée par l’euphorie des premiers jours. Tu es confrontée à ta première épreuve. Tu te rends compte que tu ne sais pas trop quoi faire pour avancer. Tu stagnes. Tu ne fais pas un sou. Tu es perdue. Tu gaffes.

Dure réalisation : ce n’est pas aussi l’fun que tu pensais, finalement, être entrepreneure. Ça fesse un peu quand tu te rends compte que ton plus grand rêve devient tranquillement ton plus grand défi. Je l’avoue, j’idéalisais vraiment l’entrepreneuriat. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit nécessairement facile, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi difficile.

Il faut dire que j’avais toujours fantasmé cette carrière. Je m’imaginais en talons hauts avec ma mallette, aller de meeting en meeting, faire une différence, avoir des employés, serrer des mains, et pouvoir vivre rapidement de mon projet.

Mais ceux qui le vivent savent que ça ne se passe pas comme ça.

Je travaille de la maison. Seule. Tout est à faire. Je doute, je me remets en question constamment. J’angoisse. J’ai toujours peur de manquer d’argent. Bref, je vis pleinement les coups et contrecoups du démarrage d’entreprise.

Ne vous en faites pas, je vis de beaux moments aussi! J’ai de belles victoires à mon actif, beaucoup de projets, une grande vision pour l’avenir. J’aime ce que je fais et j’ai une réelle passion pour les services que j’offre. Je ne ferais rien d’autre qu’administrer mon entreprise.

Mais ça m’a pris une longue phase d’adaptation pour comprendre que je n’aurais pas un parcours sans faute. Que j’allais me tromper. Que j’allais pleurer. Que j’allais trouver ça tough.

J’ai dû travailler pour apprendre à aimer l’entrepreneuriat pour ce qu’il est vraiment (c’est-à-dire le beau comme le laid, les victoires comme les échecs, la force comme la vulnérabilité, le meilleur comme le pire). J’ai dû faire le deuil de mon fantasme et déconstruire toutes les idées préconçues que j’avais entretenues sur l’entrepreneuriat toute ma vie.

Mon plus grand rêve m’a déçue et j’ai dû me le réapproprier.

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