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Le complexe de la Wonder Woman
Crédit: Prettysleepy/Pixabay

Depuis toujours, je suis fascinée par les modèles de femmes fortes. Oui, j’ai aimé les princesses, comme pas mal de petites filles, mais ce sont les personnages comme Wonder Woman et April dans les Ninja Turtles auxquels je m’associais davantage. #NotReallyAPrincess, vous ai-je déjà dit. J’aimais le fait que ces femmes se démarquaient dans des milieux d’hommes, qu’elles étaient plutôt badass et, surtout, qu’elles ne se gênaient pas pour botter des culs (pardon pour le langage).

Crédit : Giphy

Élevée par une Wonder Woman
Encore plus près de moi, j’ai eu le meilleur modèle de femme forte du monde : ma maman. Non seulement a-t-elle élevé deux enfants, mais elle a ouvert un commerce enceinte jusqu’au cou de mon frère qui a, encore à ce jour, vraiment beaucoup de succès (le commerce, pas mon frère #JokeBro). En plus, c’est un modèle d’indépendance et de classe : le genre de femme qui n’a pas froid aux yeux, mais autour de laquelle on souhaite graviter. Bref, tout un modèle!
 
Une idée qui fait sournoisement son chemin
Dans ma tête, tranquillement, je me suis mise à croire que je devais être à la hauteur. Et je pense que je ne suis pas la seule qui ait été influencée par ce genre de modèles féminins. Plus que jamais, on dirait que les femmes doivent tout combiner sans rien « échapper » : de la vie de famille à la carrière en passant par la tenue du foyer (dont la charge mentale revient encore trop souvent à la femme, malheureusement, mais c’est un autre dossier). Elles doivent performer, pis elles doivent le faire avec le sourire en plus, parce que c’est donc valorisant tout ça.
 
Ça fait que je me suis mise à adopter le même train de vie complètement fou que ma mère avait et que tellement d’autres modèles de réussite maintenaient depuis un nombre impressionnant d’années. Je me disais que c’était comme ça que devait être ma vie, simplement. Je voulais une grande carrière, j’avais énormément d’ambition, je croyais devoir sortir du lot, être exemplaire à tous points de vue. Je me suis donnée à 200 % pendant des années, tous les jours, avec acharnement et sans compter les heures, dans mes études comme dans ma vie professionnelle. En même temps, j’essayais de garder une vie équilibrée, d’être partout à la fois, de dire « oui » tout le temps, de faire du sport, de bien manger. Bref, je tenais le monde sur mes petites épaules qui courbaient de plus en plus sous le poids trop lourd…

Crédit : Giphy

 
Un moment donné, Wonder Woman peut-elle switcher son kit de lycra pour du mou?
Sauf que le hic, c’est que c’est aussi vraiment éreintant tout ça. À mon deuxième épuisement professionnel (on pourra en reparler), j’ai fini par saisir que Wonder Woman ne gardait sûrement pas son kit de lycra 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Alors j’ai fini par ralentir… Ça aura pris 7 ans entre mes deux épuisements (#TêteDeCochon) pour que j’écoute les spécialistes pour vrai ; 7 ans de démarches personnelles pour déconstruire mon schéma d’exigences élevées ; 7 ans pour saisir qu’on m’aimerait pareil, même si je n’étais pas parfaite tout le temps.
 
Aujourd’hui, Wonder Woman prend des pauses, pis elle prend pas mal plus soin d’elle. Elle continue de botter des culs, malgré tout, sauf qu’elle accepte de se calmer les nerfs pis d’asseoir le sien de temps en temps.

Crédit : Giphy

 
Et vous? Êtes-vous des Wonder Women décomplexées?

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