Mardi soir, 18 h, dans mon fil d'actualité Facebook, je vois 6 filles publier des impressions écran de gars qui les sollicitent et qui les cruisent, puis qui les envoient chier après qu'elles leur aient dit qu'elles n'étaient pas intéressées. Des captures d'écran de Facebook, Instagram et Twitter. Trois endroits qui servent à réseauter et se faire des ami-e-s, pas spécialement à fourrer (ça existe, des applications ou des sites Internet juste pour fourrer et c'est ben correct). 

Je pense qu'on a dit « non, merci » assez souvent. Je pense que nous, les femmes, celles qui sont assez présentes sur Internet et celles qui le sont moins aussi, nous avons été assez gentilles pour vous expliquer que nous n'étions pas sur cette Terre pour être courtisées, cruisées, sollicitées. We’re not asking for it. Je pense que nous avons essayé de le faire comprendre de plusieurs manières et que personne nous écoute. Faudrait accueillir la cruise à tout vent, parce que le fond est bon, tout le temps. Mais je crois qu’on est tannées et pas à peu près.

Faut faire quoi? Mettre le feu à Internet? Bloquer tous les gars (même les gentils, au cas?) de nos réseaux parce que ça ne suffit plus de se faire catcaller juste dans la rue, mais que nous devons endurer ça jusque dans la profondeur de toutes nos boîtes de messagerie, jusqu'à nos comptes Instagram et LinkedIn? 

Puis je ne dis pas non plus que ce sont tous les gars qui agissent de la sorte. Il y a plein d'hommes qui sont de bons alliés, de bons amis, de bons chums, de bon pères, de bons humains. Par contre, ceux qui ne comprennent pas quand arrêter, ce qu'est le respect, ce qu'est le consentement, ils entachent la réputation des autres.

Chaque jour, sur les réseaux sociaux, je me désole des démarches insistantes de ces hommes qui ne comprennent pas. Je dois avoir un algorithme de marde sur Facebook à force de commenter chacune de leurs interactions douteuses. Chaque jour, leurs agissements renforcent notre besoin constant de mettre de l'avant que le féminisme a encore sa place. Chaque jour, je les vois ramper devant des filles qui s'assument sur le Web et jeter leur venin sur elles. 

« Ben là, tu aurais pu me rendre la pareille. » Non, juste non. Leurs compliments sont faits pour en recevoir d'autres en échange, parce que leurs saluts sont signe d'une proposition plus sexuelle qui vient souvent après quelques phrases. Et malheureusement, comme le pattern se répète un peu trop souvent, c'est certain qu'on finit par devenir méfiantes et gossées rapidement.
 

Crédit : Capture d'écran Facebook Messenger de mon amie

Ça m'écœure. Ça m'écœure de voir comment ils agissent et comment ils font exprès pour ne jamais nous lâcher. Ça m’écœure qu'ils s'invitent sur le wall de tellement de femmes que j'admire pour agir en dégueulasses. Ça m’écœure encore plus de voir qu'ils ne comprennent pas ce que ça veut dire, « non ». Quand c'est non, c'est non. Le consentement, ça va aussi loin que de comprendre qu'une personne ne veuille pas vous parler. Ce n’est pas être gentille ou pas, c’est savoir ce qu’on veut et exercer notre droit de choisir nos interactions sociales, même sur le Web.

Ce ne sont pas des compliments, ce sont des micro agressions. Ils nous agressent avec leurs commentaires de fond de bar à toute heure du jour ou de la nuit, ça m'écœure de voir qu'ils s'attendent à se faire sucer pour un bonjour ou un « bonne journée ». Ç'a pas changé. Avant, on les voyait arriver à cent milles à l’heure vers 2 heures et demie du matin avec leur débit libidineux à deux cennes, avec leur haleine de clope et de vieille bière. 

Assez. Ça suffit. Faut que ça arrête. Ils sont en train de transformer tous les outils de communication en territoire hostile pour les femmes. Qu'ils apprennent donc à nous sacrer la paix. Pour qu'on soit plus désespérées de voir une notification ou un nouveau inbox

P.-S. Y'a vraiment plein de place où les personnes sont là dans un but commun de fourrer. Outre Tinder, il y a plein d'applications et de sites Internet pour ça. Le meilleur truc pour fourrer, c'est d'apprendre à faire ça par étape. Personne trouve ça sexy, une dick pic après deux phrases (sur Facebook ou Instagram), surtout si la personne n'est pas nécessairement à la recherche d'une conquête amoureuse ou d'une bonne baise. Personne tombe dans les bras d'un-e autre si elle se fait chicaner parce qu'elle ne veut pas fourrer. Basic stuff de communication. 

Que pensez-vous de tout ça?

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