Les personnes neuroatypiques ont un fonctionnement cérébral qui diffère des normes sociales attendues. La définition varie beaucoup selon les sources, mais elle inclut habituellement les personnes ayant un trouble dys (comme la dysphasie), un trouble de l'attention ou un trouble du spectre de l'autisme.

Étant moi-même neuroatypique, il m'arrive d'être confrontée à certains défis lorsque je parle de ma condition, preuve qu'il y a encore du chemin à faire afin pour que la neurodiversité devienne une notion plus familière. Pour moi, je crois qu'il est essentiel de comprendre qu'il y a une multitude de fonctionnements cognitifs et qu'une grande partie d'entre eux sortent des normes attendues par la société.

Voici dix choses qui m'ont été dites personnellement ou qui m'ont été rapportées par des proches neuroatypiques à propos de leur propre condition et qui ne sont pas super cool à entendre.

1. « C'est seulement dans ta tête. » Voilà le genre de phrases qui affirment que les personnes neuroatypiques sont entièrement responsables de leurs difficultés et que personne ne peut agir pour les soutenir.

2. « Si tu essaies très très fort, tu vas y arriver. » Il est important de le spécifier: être neuroatypique n'a simplement rien à voir avec un manque de volonté. Au contraire, les personnes neuroatypiques mettent souvent de très gros efforts en place pour pallier à leurs difficultés au quotidien. Des efforts à ne pas sous-estimer.

3. « On est tous un peu TDAH / autiste / etc. » Non. Partager certaines difficultés avec une personne neuroatypique ne signifie pas que tout le monde est neuroatypique! .

4. « Tu es TDAH? Je comprends, l'autre jour j'ai eu du mal à rester en place pendant mon cours. »  C'est un peu comme si une personne non voyante se faisait dire « je te comprends, il m'arrive d'avoir des conjonctivites ».

5. « Tu exagères! » Les personnes neuroatypiques vivent des réalités difficiles particulières. Par exemple, une personne qui se plaint souvent de bruits qui ne sont pas dérangeants pour les autres pourra sembler étrange, alors que le bruit peut lui causer une réelle souffrance.

6. « Tu es certain.e de ton diagnostic? J'ai un ami qui est comme ça et il n'est vraiment pas comme toi. »

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Même si plusieurs personnes peuvent recevoir le même diagnostic, cela ne signifie pas qu'elles sont toutes pareilles! Elles garderont une personnalité différente. C'est tout!

7. « Tu ne comprends toujours pas? C'est quoi ton problème? » Lorsqu'une personne neuroatypique ne comprend pas les choses aussi rapidement ou facilement que les autres, elle fait souvent face à de l'impatience et de l'incompréhension. Un tel manque d'ouverture peut lui causer beaucoup de souffrances inutiles à long terme.

8. « Cesse de te victimiser. » Comme pour le point 5, si une personne neuroatypique souffre, ses souffrances sont réelles, point. Même si on ne la comprend pas, même si nous ne ressentons pas la même chose. Le simple fait de les communiquer peut lui demander beaucoup d'énergie (par crainte de se faire juger, justement).

9. « As-tu essayé ce régime (ou toute autre méthode supposée te « guérir »)? » Ces paroles peuvent être pleines d'espoir pour la personne qui en parle, mais elles sont invalidantes pour les personnes neuroatypiques. On sous-entend qu'elles peuvent devenir neurotypiques de façon « magique », ce qui est évidemment très, mais très loin de la réalité. Une manière de fonctionner ne se guérit pas à coups de remèdes de grands-mères, même si des méthodes de soutien existent pour améliorer le quotidien des personnes neuroatypiques.

10. « Tu as ce trouble! Ça ne paraît TELLEMENT pas! » J'avoue, j'ai déjà perçu ce commentaire comme un compliment, étant donné les efforts dépensés pour masquer mes particularités. Je l'ai même déjà dit à certaines personnes sans remarquer le double tranchant: ce genre de commentaires fait écho à des stéréotypes bien ancrés sur lesquels on se base par manque de connaissances, souvent inspirés par des films du genre Rain Man. La vérité, c'est que de nombreuses personnes neuroatypiques vivent avec un handicap invisible qui n'est parfois pas pris au sérieux, justement parce que ça ne « paraît pas assez ».

Le pire, c'est que la plupart de ces choses sont dites sans mauvaises intentions, parfois même pour rassurer. C'est pourquoi il est important de comprendre le message que l'on veut adresser. Il n'y a absolument AUCUN mal à être neuroatypique et à sortir des normes. C'est une réalité plus répandue que l'on ne le croit et qui mérite d'être reconnue davantage afin d'éviter la stigmatisation des personnes concernées.

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