Dans la société dans laquelle nous vivons, la recherche de la perfection et de l’excellence est quelque chose de valorisé. Prenons par exemple les personnes idolâtrées des temps modernes; il s’agit souvent d’individus qui accomplissent des réalisations exceptionnelles (les gens d’affaires très riches, les sportifs de compétition, les artistes reconnus, etc.) ou qui maintiennent une apparence immaculée et sans défauts (les influenceurs et les vedettes d’Hollywood, etc.). Ces personnes qu’on admire nous donnent envie de leur ressembler; nous cherchons alors à atteindre leur niveau de « perfection ».

Parfois aussi, c’est notre environnement familial qui nous pousse à être perfectionniste. Imaginez un  parent ayant des exigences élevées qui enseigne directement ou indirectement à son enfant que l’amour est conditionnel à son niveau de performance. Aussi, certaines personnalités ou tempéraments sont plus prédisposés à être perfectionnistes. D’ailleurs, certaines études suggèrent que le perfectionnisme aurait une composante génétique.

En ce qui concerne les femmes, plusieurs s’imposent des standards élevés de performance dans divers aspects de leur vie; elles aspirent à s’approcher le plus possible de la perfection telle que définie par leurs propres critères personnels ou ceux dans la société dans laquelle elles vivent. Elles désirent donc exceller à la maison ainsi qu’au travail ou dans les études, tout en demeurant en forme et en ayant une belle apparence physique. En d’autres mots, elles aimeraient être Superwoman.

Il faut dire que perfectionnisme n’est pas automatiquement un défaut puisqu’il peut nous motiver à dépasser nos limites et à faire de notre mieux; il faut toutefois se permettre un certain degré de marge d’erreur dans nos réalisations. Le perfectionnisme est toutefois problématique lorsqu’il signifie de s’imposer un cadre d’actions rigide ainsi que des objectifs difficiles, voire impossibles, à atteindre. Avec ce perfectionnisme malsain, on ne se donne pas le droit à l’erreur et on surestime l’importance d’être parfait.e en toutes situations. Il n’est pas rare alors d’avoir de la difficulté à se pardonner nos erreurs, d’être exagérément critique envers soi-même et de vivre une réelle détresse dans les situations où l’on dévie de notre vision de la perfection.

Quand le perfectionnisme devient malsain, on s’expose à des problèmes d’ordres physique, émotionnel et relationnel comme des troubles alimentaires, des conflits conjugaux et des problèmes de consommation. Pour éviter de tomber dans un tel pattern malsain, voici quelques trucs à garder en tête la prochaine fois que vous serez trop exigeant.e envers vous-même.

 

1. Reconnaître l’aspect malsain de notre perfectionnisme

Ce premier pas vers le changement s’agit souvent de l’étape la plus difficile, car il faut admettre que notre mode de pensée n’est ni fonctionnel ni aidant pour notre santé mentale. On peut à cette étape identifier les situations où être perfectionniste a été nuisible pour soi.

 

2. Identifier les signaux du perfectionnisme malsain

On peut se questionner lorsqu’on sent des émotions négatives (culpabilité, honte, tristesse, frustration, épuisement, etc.) à savoir si c’est déclenché par une situation où on exige trop de nous-mêmes. Dans le cas où on se demande l’impossible, ça permet de relativiser notre niveau d’émotivité et la gravité de la situation.

 

3. Se fixer des objectifs réalistes

Plutôt que de se donner des objectifs irréalistes qui provoquent de l’anxiété et parfois de la procrastination, on peut se donner des objectifs réalistes qui augmentent la confiance et qui sont bien plus motivants!

 

4. Se questionner ou questionner les autres

On peut se poser la question : « Qu’est-ce qui arriverait si je ne faisais pas ceci à la perfection? ». Ceci permet de nuancer, car la plupart du temps, il y a peu de conséquences (exemple: si je ne fais pas le full ménage, de mon appartement, il y a personne qui va se plaindre sauf mon chat!). Autrement, on peut demander aux personnes de notre entourage de valider s’ils sont en accord avec notre vision de la perfection et si elle est possible à atteindre selon eux.

En conclusion, ce ne sont que quelques trucs, mais sachez qu’il y a une tonne d’autres outils qui existent pour les personnes démunies face à leur perfectionnisme malsain (consultez un professionnel au besoin, il n’y a aucune honte à chercher de l’aide pour aller mieux). Au final, il faut se souvenir qu’on peut apprendre de nos erreurs et trouver du plaisir dans nos activités si on ne se concentre pas à atteindre l’impossible!

Comment gérez-vous le perfectionnisme au quotidien?

Références

Boivin, I., & Marchand, A. (1996). Le perfectionnisme et les troubles anxieux. Revue québécoise de psychologie, 17(1), 125-152.

Careau, L. (2015, November 11). Le perfectionnisme: Quand le mieux devient l’ennemi du bien. Repéré le 11 juillet 2020, sur https://www.aide.ulaval.ca/psychologie/textes-et-outils/difficultes-frequentes/le-perfectionnisme-quand-le-mieux-devient-l-ennemi-du-bien/

Tozzi, F., Aggen, S. H., Neale, B. M., Anderson, C. B., Mazzeo, S. E., Neale, M. C., & Bulik, C. M. (2004). The structure of perfectionism: A twin study. Behavior Genetics, 34 (5), 483-494. doi: 10.1023/b:bege.0000038486.47219.76

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