Il y a des choses dans la vie qui sont pour moi des certitudes, des évidences que je ne ressens pas le besoin de questionner. Par exemple, les changements climatiques sont évidents pour moi. Depuis très longtemps, je considère que notre mode de vie, ancré dans la (sur)production et la (sur)consommation, a nécessairement de graves conséquences sur l'environnement.

Puis, en lisant le livre Tout peut changer de Naomi Klein, publié en 2014, j'ai poussé ma réflexion plus loin. Dans cet ouvrage, l'auteure présente - et questionne - les arguments des climatosceptiques. Je me suis alors demandé comment, en toute logique et en étant rationnel, il était possible de nier les changements climatiques qui se produisent sous nos yeux, statistiques à l'appui. Comment certains en arrivent à comparer le mouvement environnemental à « un cheval de Troie "vert" dont les rouges entrailles sont pétries de doctrine socioéconomique marxiste » (Klein, 2014)?

Je me suis donc mise à réfléchir dans le but de retracer à quand remonte ma prise de conscience par rapport aux changements climatiques. Il y a eu le documentaire d’Al Gore, que j’ai eu la chance d’écouter dans le cadre de l’un de mes cours au secondaire, qui a été marquant, mais il y a un autre élément qui a aussi bercé ma jeunesse et la vôtre aussi, sans doute:

Nous sommes en 2034. La situation sur la Terre est catastrophique. La couche d'ozone a été complètement détruite par les gaz carboniques des voitures, l'industrie chimique et le push-push en cacanne. Résultat : la Terre se meurt sous les rayons du soleil. Il faut donc trouver une nouvelle planète où déménager 6 milliards de tatas. La Fédération planétaire se tourne vers la première puissance mondiale : le Canada. C'est le savoir-faire canadien qui permet l'envoi, le 28 octobre 2034, du vaisseau spatial Romano Fafard, qui quitte la Terre vers les confins de l'univers. Là où la main de l'homme n'a jamais mis le pied!

(Source: Dans une galaxie près de chez vous, diffusion originale de 1999-2001, Canal Vie/ VRAK TV).

Ça peut paraître anodin, mais l’équipage du Romano Fafard m’a fait prendre conscience de quelque chose de beaucoup plus grand que moi, en me répétant chaque fois que  « Nous sommes en 2034. La situation sur la Terre est catastrophique » et je trouve ça intéressant de constater qu'une émission de divertissement a réussi à semer la graine d'un message important chez toute une génération de jeunes Québécois.e.s; il faut prendre la situation environnementale au sérieux avant qu'il ne soit trop tard.

Dans son ouvrage, Naomi Klein démontre que la couverture médiatique entre 2007 et 2011 a drastiquement changé la perception de l’opinion publique. En 2007, les trois principaux réseaux de télévision américaine avaient diffusé plus de 147 reportages sur les changements climatiques, en 2011, seulement 14 (Klein, 2014). Un sondage sur la perception de la population entre ces deux périodes a montré qu’en 2007, 71% des Américains croyaient que la consommation ininterrompue de carburants d’origine fossile pourrait altérer le climat, cette proportion est descendue à 51% en 2009 et à 44% en 2011(Klein, 2014).

Ces statistiques m’ont fait réaliser que prendre conscience des changements climatiques passe par l’éducation, dans toutes sortes de domaines; autant par la couverture médiatique que dans les arts, le sport, le divertissement, et cetera. Toutes les informations ainsi diffusées concernant le sort de l'environnement peuvent avoir un réel impact sur nos actions futures, nos perceptions et les choix que nous ferons dans le futur.

Au cours de ma jeunesse, Dans une galaxie près de chez vous était du divertissement, mais je ne peux nier que cette émission ait participé à ouvrir mes yeux à la réalité des changements climatiques. Plusieurs années plus tard, quand j'évalue les conséquences de mes choix et que je pense à l'environnement, j'entends la voix de Claude Legault qui me rappelle que la Terre se meurt sous les rayons du soleil.

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