Pour une société occidentale comme la nôtre, où la vie de tous les jours est somme toute relativement facile au quotidien pour la grande majorité, l’épreuve économique et de santé publique qui se dresse devant nous n’en est pas une commune.

À quand remonte la dernière fois où les Québécois.es se sont retrouvé.e.s aussi nerveux.euses? Où nous avons dû faire face ensemble à une crise de société d’envergure? La crise du verglas de 1998? La crise d’octobre de 1970? Ces événements ont bel et bien marqué la société québécoise, mais il n’était alors pas question d’une potentielle crise d’envergure de notre système de santé.

Je dis bien potentielle, car si les bonnes mesures sont prises tôt, comme le gouvernement du Québec tente d’encourager la population à le faire le plus possible, les situations catastrophiques et la saturation du système de santé que l’on peut observer dans des pays comme l’Italie ne se produiront peut-être pas ici. Du moins, pas à la même échelle (croisons les doigts).

Il est tout à fait normal d’être stressé.e et de s’inquiéter, voire même de vouloir faire des réserves de Purell, de produits désinfectants, de papier de toilette et de nourriture en cas de pénurie, mais nous devons prendre une grande respiration (moi y compris) et réaliser que nous sommes tous et toutes dans le même bateau. C’est-à-dire que de monopoliser plus de ressources que nous n’en avons besoin, alors que d’autres en manqueront, ne nous aidera pas.

Dans une situation comme celle-ci, nous devons faire preuve d’altruisme et nous rappeler que nous sommes autant en sécurité que les gens les plus vulnérables de notre société. Si vous avez acheté 50 bouteilles de Purell et qu’il n’en reste plus pour votre voisin et que celui-ci attrape le virus, nous ne sommes pas plus avancés. Celui-ci pourrait d’ailleurs même vous le refiler. Même chose si vous achetez cinquante boîtes de masques et de gants, alors que ceux qui en ont le plus besoin sont les professionnels de la santé qui devront traiter et soigner les gens infectés. Je me passe d’ailleurs de commentaires sur les gens qui achètent de grandes quantités de produits en demande dans le but de les revendre 5 fois le prix à des gens apeurés et désespérés. En tant qu’être humain, on se doit de faire mieux que ça.

Certaines personnes jeunes et en pleine santé diront que ce n’est pas leur problème, car elles sont peu à risque d’avoir des complications même si elles attrapent le virus. C’est là qu’elles se trompent. Car bien qu’elles ne sont pas directement touchées (ou on l’impression de ne pas l’être), ces personnes peuvent être touchées indirectement si leurs proches attrapent le virus puis vivent des complications ou même décèdent par la suite. Plus nous sommes négligeant.e.s, moins nous nous sentons concerné.e.s et plus les chances de contagion augmentent. Ainsi, les chances que des personnes que vous aimez – vos grands-parents, votre oncle qui a un problème cardiaque ou votre cousine ayant une maladie chronique – soient gravement touchées augmentent aussi.

Si vous n’êtes pas non plus inquiet.e pour la santé de vos proches, prenez en considération qu’un système de santé paralysé par une trop grande demande de soin pour le coronavirus devient également peu efficace et saturé pour toutes les autres demandes de soins de santé. Cela inclut n’importe quelle urgence médicale que vous ou votre famille pourriez avoir. C’est ce qu’on observe en ce moment en Italie.

Donc, que le Coronavirus représente un risque ou non pour notre propre santé, nous sommes tous lié.e.s les un.e.s aux autres et avons tous et toutes une responsabilité et un rôle à jouer afin de limiter la propagation de cette pandémie. Pour la grande majorité des gens, ce rôle sera simplement de faire le sacrifice de changer légèrement leurs habitudes de vie et de mettre en pause leur vie sociale pour quelques semaines afin d’éviter les grands rassemblements et de freiner la courbe de propagation, surtout s’ils présentent des symptômes, comme le recommandent les professionnels de la santé et le gouvernement. Ce n’est pas un si grand sacrifice à faire pour sauver des vies, non? Surtout lorsqu’il pourrait s’agir de la vie de quelqu’un que vous connaissez…

Je sais, ça sonne très dramatique tout ça. Ne vous en faites pas, il n’y a aucun doute que le Québec et la majorité des Québécois.es passeront à travers cette pandémie sans trop de problèmes majeurs, mais je crois qu’il est important d’être conscient.e.s que nos choix individuels auront certainement un impact sur les plus vulnérables de notre société. Ainsi, nous devons tous nous serrer les coudes (ce n’est qu’une expression, on maintient nos distances dans les faits) et penser aux autres. Nous avons une responsabilité sociale de limiter l’ampleur des dommages collatéraux de cette situation, notamment en termes d’éventuelles pertes de vies humaines évitables.

Une page de l’histoire du Québec et du monde commence à s’écrire, et nous n’en sommes probablement qu’au début du chapitre. Ce que les livres d’histoire diront dans vingt ans de nous, de nos actions, de notre gestion de cette crise, de notre solidarité (ou non) et du nombre de victimes durant cette pandémie commence à se décider en ce moment.

J’aimerais pouvoir être fier de ce que je vais lire dans vingt ans.

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