Sans exagérer et sans prétention, les sexologues ont le plus beau travail au monde : nous aidons les gens à cheminer dans leurs réflexions et nous les aidons à être plus heureux. Aussi, une chose que les client.es sont invité.es à faire régulièrement est de réfléchir à ce qu'un suivi en counseling leur apporte, au-delà d'une simple écoute. Deux éléments reviennent souvent dans les réponses : la possibilité d'obtenir un avis externe désintéressé ainsi que celle de se confier dans un espace sans jugement (safe space).

Par « désintéressé », je veux dire neutre, et par « externe », je veux dire quelqu'un qui ne fait pas partie de votre cercle social ou de votre entourage élargi. Parfois, en partageant ce qui nous peine et nous tracasse, nous nous rendons compte que nos proches ne nous offrent pas le soutien dont nous aurions besoin, malgré leurs bonnes intentions.

Plusieurs personnes sont mal à l'aise face à la tristesse et se sentent désemparées lorsqu'un humain pleure devant elles ou leur partage leur chagrin. Nous pouvons rapidement tomber dans la recherche de solution quand la personne veut peut-être seulement être écoutée, mais offrir une écoute pure et dure sans offrir de solutions, c'est contre-intuitif pour bien des gens.

En plus, notre culture est axée sur la recherche incessante du bonheur et des sentiments positifs, comme si ce n'était pas normal de passer à travers des moments down. Comme si nos vies devaient constamment être dignes des highlights Instagram. Dans cette optique où nous vivons dans un monde qui glamourise à outrance les moments positifs, il est normal de constater que nos proches font parfois preuve d'un positivisme presque toxique.

« Sois positive! », « Cheer up! » , « Arrête d'être négative. » et « Un.e de perdu.e, dix de retrouvé.es! » ne sont pas des phrases qui nous font sentir mieux. Offrez plutôt de la validation et du soutien en disant, par exemple, « C'est difficile ce que tu vis, mais je crois en toi! » ou « C'est normal que tu sois négative en ce moment face à cette situation. » Évitez de dire des phrases vides de sens comme « Ça ira mieux, c'est sûr » parce qu'en réalité, vous n'êtes sûres de rien. Ce qui est certain, c'est votre volonté d'aider vos proches qui sont dans une mauvaise passe. Si vous vous sentez peu outillées, dites-le: « Je ne sais pas quoi te dire pour te faire sentir mieux, mais je suis là. » Si vous sentez que la personne en a besoin, vous pouvez ajouter ensuite: « As-tu pensé à en parler à un.e professionnel.le? »

Une autre chose à garder en tête est que lorsque nous partageons nos émotions et nos états d'âme avec autrui, les gens peuvent avoir tendance à répondre selon leurs propres expériences de vie. Les conseils qu'ils vous donnent sont peut-être des conseils qu'ils se donneraient à eux-mêmes, s'ils étaient dans la même situation, et non ce qui est judicieux pour vous à ce moment. De plus, les gens s'identifient à travers un processus de personnalisation, donc nous percevons et analysons les histoires des autres comme si nous étions le personnage principal. Cela teinte nos réactions et notre écoute vis-à-vis les histoires de nos amis.

Dans tous les cas, félicitez-vous et sachez que vous êtes déjà super de vouloir offrir une bonne écoute! Je vous invite à pratiquer ce genre d'écoute désintéressée tout en étant bienveillante, mais si vous sentez qu'un.e proche a besoin de soutien et que vous n'êtes pas la meilleure personne pour combler ce besoin, n'oubliez pas qu'il y a des gens qui en font leur métier. Et notre travail ne consiste pas seulement à écouter, principe que je développe davantage dans un article publié récemment.

Je m’appelle Kanica Saphan, je suis sexologue et je peux répondre à vos questions sur les relations interpersonnelles, les difficultés affectives et sexuelles. Si vous aimeriez me rencontrer en séance individuelle ou de couple, vous pouvez me contacter via ma page Facebook Le Sofa Sexologique. À bientôt!

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