Perdre ma job, c'était pour le meilleur [partie 2]

Crédit photo: Mitchell Orr/Unsplash

La semaine passée, je vous ai parlé d’une expérience de travail particulièrement désastreuse où j’ai beaucoup appris sur moi-même et mes motivations en tant que femme et jeune diplômée. Voici la suite des événements.

Après cinq mois en poste, la situation s’est envenimée comme jamais. Les relations avec deux de mes collègues étaient devenues insoutenables. L’un d’eux me criait dessus en plein open-space si je faisais une erreur, l’autre rabaissait mon travail devant mes collègues lors des réunions – et il ne s’agissait pas de critiques constructives! Il abusait aussi de mon inexpérience et de ma timidité pour m’attaquer sur des sujets non reliés au travail.

J’en suis venue à mentir sur mes tâches lors des réunions d’équipe pour ne plus subir ses remarques. Parfois, je m’inventais des tâches urgentes pour éviter d’aller aux réunions.

Lorsque ces deux collègues s’excusaient en privé par la suite, je n’avais qu’une envie : les gifler et fuir cet enfer qui payait mes factures et remplissait mon entourage de fierté.

Mais je me taisais.

Je disais que c’était CORRECT même si ce n’était PAS correct.

Lorsque je lui ai parlé de la situation, mon gestionnaire m’a dit que les conflits étaient normaux, car nous avions tous des personnalités différentes. Que j’avais beaucoup à apprendre de ces gens. Que je devais travailler sur moi. Apprendre à apprécier l’avis des autres.

Le dernier mois passé là-bas, profondément déprimée, j’étais en mode zombie. Je rentrais au travail et je faisais mon 8 à 4. C’est tout. J’ai aussi commencé à chercher d’autres emplois et à envoyer des CV ailleurs.

Ironiquement, la qualité de mon travail s’était améliorée et j’avais acquis de nouvelles responsabilités que je jugeais salvatrices pour mon moral, soit aider une autre équipe à améliorer ses textes techniques.

Un lundi après-midi, après six mois de travail, la porte de la cage s’est ouverte et on m’a poussée dehors. En dix minutes, j’étais congédiée et escortée jusqu’à la sortie comme une voleuse.

Électrisée par cette nouvelle liberté imposée, j’ai senti une vague de soulagement me submerger de la tête aux pieds. J’ai alors compris que la cage n’avait jamais été verrouillée et qu’enchaînée à mon orgueil et à mon chèque de paye, inconsciente de mes propres entraves, je ne me rendais pas assez loin pour pousser la porte et m’envoler.

 

Photo by averie woodard on Unsplash

 

Ceci est mon expérience d’emploi qui s’est mal déroulée, mais dont la fin m’a soulagée au plus haut point.

Partez si vous n’êtes pas à votre place, si vous vous sentez incompétent(e), emprisonné(e), sous-estimé(e), si le travail vous rend dingue, si vos tâches vous donnent la nausée, si vous vivez du harcèlement et que personne ne vous écoute. Partez. Allez travailler ailleurs, même si le salaire est moindre.

AUCUNE somme d’argent ne justifie d’être malheureux(se) au boulot.

Vous méritez d’être traité(e) avec respect malgré vos erreurs. Vous avez le droit, voire l’obligation, de vous faire respecter. Élevez la voix s’il le faut. Dites NON.

Foulez aux pieds ce que les vieux geeks pensent de votre jeunesse fraîchement diplômée. Redressez-vous et répondez à ceux qui vous crient dessus. On vous montrera peut-être la porte si vous dépassez les bornes du politically correct, mais vous aurez fait entendre votre voix.

N’attendez pas qu’on vous congédie parce que votre travail s’appauvrit à cause du stress et du harcèlement.

Ne gardez pas un emploi parce que votre famille est fière de vous. N’y restez pas par orgueil ou pour vous dépasser si le seul résultat palpable de votre acharnement est un sentiment de vide ou un burn-out.

Posez des questions à l’entrevue. Beaucoup. Le pire qui puisse arriver, c’est qu’on ne vous offre pas la job pour la simple et bonne raison qu’elle n’est pas faite pour vous.

Si une description de poste semble trop alléchante pour être vraie, c’est qu’elle est sûrement trompeuse. Passez à la prochaine.

Surtout, ne gardez jamais un emploi si vous pleurez sur le chemin du retour et que vous devez boire pour vous endormir le soir.

 

N.D.L.R. Nous sommes conscientes que certaines situations personnelles font en sorte qu'il n'est pas possible de ne pas avoir d'emploi. Ce texte reflète la réalité de notre collaboratrice et les conseils donnés le sont en toute bienveillance. On vous invite à retenir ce qui s'applique à votre expérience. N'hésitez jamais à aller chercher de l'aide si vous en avez besoin.

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