Je me confesse. C’est gênant à admettre, et peut-être un peu difficile à assumer, mais je crois que comme beaucoup de gens de ma génération, je peux être considéré comme dépendant aux réseaux sociaux. J’en vois déjà me dire… Bin voyons donc… Ça ne se peut pas, ça, dépendant aux réseaux sociaux… Vraiment?

Pour ceux et celles qui ont la fin vingtaine, début trentaine, comme moi (ou plus vieux) et qui ont connu l’aire pré-médias sociaux; ne trouvez-vous pas que nos habitudes de vie par rapport à ces plateformes peuvent s’apparenter à de la dépendance?

Vous rappelez-vous des débuts de Facebook, quand on ne se connectait qu’une fois de temps en temps pour prendre des nouvelles de nos amis qui habitaient loin? Vous rappelez-vous quand, pour se connecter, on devait utiliser l’ordinateur familial, car nos téléphones nous permettaient à peine de texter et d’écouter la radio FM?

old cellphone
Crédit:Pas de Facebook ni d'Instagram sur les vieux cellulaires (il n'y a pas SI longtemps).

L’arrivée massive des téléphones intelligents sur le marché a révolutionné la façon dont nous communiquons il y a un peu plus d’une dizaine d’années. Qui dit révolution, dit évidemment nouveauté, points positifs et, parfois, points moins positifs.

Lorsque je prends le temps de réfléchir à mes habitudes de vie et à l’utilisation que je fais de mon téléphone portable et des réseaux sociaux, je ne peux m’empêcher de constater que je suis probablement dépendant aux deux. Peut-être vous reconnaîtrez-vous dans ces exemples de mon quotidien...

Bien que je ne passe pas plusieurs heures d'affilée sur Facebook, les 10 ou 15 minutes que j’y passe ici et là font qu’au final, j’estime passer facilement une à deux heures par jour sur ce réseau social, à errer et à faire défiler le fil d'actualité.

Heureusement, je ne suis pas abonné aux autres réseaux sociaux comme Twitter, Tumblr, Instagram, Tik Tok, mais je ne peux m'empêcher de penser que si on est connectés à plusieurs endroits en même temps, ça a le potentiel de gruger une part impressionnante de notre temps.

Évidemment, j'admets que Facebook est un outil utile qui me permet de lire des articles intéressants, de partager mes opinions, d'organiser des événements et de me tenir au courant de ce que font mes ami.e.s, mais est-ce que je n'y passe pas un peu trop de temps pour ce que ça m'apporte au final?

Ça peut sembler banal, mais je trouve ça spécial que notre premier réflexe soit d’ouvrir Facebook aussitôt que nous avons un moindre temps mort. Je ne peux pas me rappeler de la dernière fois où je suis allé aux toilettes sans avoir les yeux rivés sur mon écran pendant que je faisais ma petite affaire.

 

toilette facebook
Crédit:Avouez-le, on le fait tous!

Le temps d’attente est de plus de 10 secondes pour payer à la caisse à l’épicerie? J’ouvre mon Facebook et je fais défiler le fil d’actualité sans but précis. Je vais me coucher? Jamais sans avoir vérifié si j'ai une nouvelle notification sur Facebook avant de poser mon téléphone et de me fermer les yeux. D’ailleurs, mon cellulaire n’est jamais bien loin de mon oreiller, au cas où je me réveillerais dans la nuit et que je n’aurais rien à faire. Parce que c’est tellement malcommode de n’avoir rien à faire quand on devrait tenter de se rendormir…

Ce qui est incroyable, c’est que je sais que je ne suis même pas le pire, car je me fais tout de même un devoir de ne pas sortir mon téléphone pour regarder les réseaux sociaux lorsque je sors manger au restaurant ou que je suis au bar avec des ami.e.s. Je trouve ça très irrespectueux (certains ne peuvent même pas s’en empêcher et je dois avouer que dans ce temps-là, je trouve ça un peu insultant d’êtres moins intéressant qu’un MEME ou qu'une photo de chat).

cellulaire restaurant
Crédit:C'est quand même un peu insultant pour la personne qui mange en face de vous si vous préférez Facebook à sa compagnie...

Est-ce seulement l’évolution logique de notre société ou un problème réel? Je me demande; est-ce que lorsque le téléphone traditionnel est arrivé de façon massive dans les foyers, on en parlait alors de façon négative? Est-ce qu’on parlait d’une épidémie de commérage? Disait-on que les gens passaient beaucoup trop de temps au bout du fil? Est-ce qu’on aurait pu alors considérer l’utilisation accrue de ce nouvel outil comme une dépendance?

C’est toujours difficile à dire lorsqu’une société vit une révolution et de grands changements. Est-ce que l’utilisation actuelle des réseaux sociaux par une bonne partie de la population doit être considérée comme une dépendance? Ou simplement comme un changement de paradigme majeur dans la façon dont nous communiquons?

Dans tous les cas, comme n’importe quel outil, je crois que nous devons réfléchir à la façon dont nous utilisons les réseaux sociaux et nous questionner sur les limites que nous devrions nous imposer afin de garder une utilisation « raisonnable ».

Pensez-vous que l’utilisation que nous faisons des médias sociaux est exagérée?

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