Quand le sexisme ordinaire au travail m'a fait frôler le burnout

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L’année dernière, j’ai frôlé le burnout. C’est arrivé sans crier gare : avec le temps, les obstacles au travail se sont accumulés jusqu’au jour où il m’est devenu insupportable de me rendre à la job. Je m'étais toujours imaginé le burnout comme un événement bruyant, une sorte de bouleversement total et soudain. J’avais tort. L’épuisement professionnel est venu sur la pointe des pieds et il aurait gagné si mes amies ne m’avaient pas incitée à m’exprimer.

À force d’échanger sur le sujet, j’ai pris conscience que les difficultés que j’avais traversées, mes amies aussi s’y étaient retrouvées confrontées. Petit à petit, je me suis rendu compte que le fait d’être une femme avait, d’une certaine façon, participé à mon mal-être. Qu’importe ma position ou l’engagement que je mettais dans mon travail, on analysait toujours mon discours à travers le prisme du genre.

J’ai le sentiment que nous, les femmes, devons lutter pour qu’on nous prenne au sérieux et ce, peu importe notre milieu. Dans mon cas, je travaillais auprès de collègues tout à fait bien intentionnés et très agréables, par exemple. Mais quand nous voulons faire entendre notre voix, il faut nous justifier. Nous devons démontrer que notre parole a de la valeur, la rendre digne de l’attention du groupe; unique moyen de la rendre légitime.

Nous devons faire preuve de qualités « propres à la nature féminine » comme la douceur et la patience. Quand on se montre lasse ou agacée, on nous renvoie tout bonnement à notre soi-disant hypersensibilité. Une femme qui s’égosille pour qu’on l’écoute est, au mieux « dans ses émotions », au pire « une hystérique », et ce, même si ce qu’elle dénonce existe bel et bien.

Au cours de discussions avec des amies qui ont eu des enfants, j’ai remarqué que le principe de la charge mentale ne s’appliquait pas seulement dans le cadre de la famille, mais que le phénomène s’était étendu à la vie professionnelle. On ne peut pas se résoudre à ralentir la cadence, alors même que le surmenage nous guette. Pire encore, nous n’osons pas prononcer ce mot terrible. Nous sommes convaincues de notre fragilité. Il est donc normal de redoubler d’efforts, d’oublier son bien-être afin de finaliser la mission qui nous a été confiée.

Certains diront que je porte un regard plein d’amertume sur le monde du travail et sur la place des femmes au sein de la société en général. Pour moi, cette vision est lucide et pleine d’espoir. Je trouvais important, aujourd’hui, d’évoquer cette discrimination ancrée si profondément dans le système que, parfois, nous ne la remarquons plus. Or, si nous restons aveugles à tous ces mécanismes d’inégalité, nous ne pouvons que la subir.

 

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