Il y a peu, j’ai regardé The Irishman sur la plateforme Netflix. Le visionnage de ce film était pour moi inévitable : il fallait que je vois le dernier Scorsese!  J’ai vraiment aimé The Irishman pour les dialogues, les jeux d’acteurs impressionnants, les retournements de situation et le suspens propres aux films de gangsters de ce réalisateur.

Le film a été diffusé dans très peu de salles avant sa sortie sur Netflix, le 27 novembre. En tant qu’amatrice de cinéma (et spectatrice occassionnelle de Netflix), je m’interroge sur l’avenir du cinéma à une époque où les plateformes de streaming sont en pleine expansion.

Contemplent-ils l’avenir du cinéma ? 

Selon certains médias, cette publication hâtive sur Netflix est le symptôme d’une crise présente dans le monde du cinéma aujourd’hui. Comment expliquer qu’un réalisateur aussi reconnu dans le milieu n’ai pas « l’honneur » d’être diffusé dans les salles obscures? La raison principale est financière : seuls les producteurs de Netflix ont accepté de financer son projet (aux alentours de 150 millions de dollars américains). Pourquoi les producteurs ont-ils été aussi frileux de financer et de diffuser ce film?

Pour Scorsese, le cinéma et plus précisément le cinéma hollywoodien, a pour but « l’élimination progressive et constante du risque ». En effet, même pour un réalisateur aussi reconnu, les producteurs ne souhaitent plus prendre le risque de mettre à l’affiche un film qui peut être considéré comme complexe et trop différent des films qui font recette ces dernières années.

Ce choix met en lumière le fossé entre le cinéma qualifié « d’auteur » et le cinéma grand public et, par extension, le cinéma que l’on pourrait qualifier d’artistique et le cinéma de loisir.

Scorsese a créé un débat en affirmant que les films de Marvel n’étaient pas du « vrai cinéma », comparant les films à des « parcs d’attractions». Il affirme que cette critique est une question de goûts personnels. Pour lui, la réalisation d’un film doit être le fruit d’une « révélation esthétique, émotionnelle et spirituelle ». De plus, il doit être défendu comme art au même titre que la littérature ou la musique.

Cette peur de prendre des risques serait due à la potentielle qualification « intellectuelle » attribuée au film. L’intrigue de The Irishman est assez complexe et intègre de nombreux personnages, les dialogues sont longs et riches. Le film lui-même dure 3h30 et demande une certaine concentration. En somme, des caractéristiques assez éloignées de la majorité des blockbusters.

Cette tendance à donner l’avantage aux blockbusters pourrait être un frein à développer l’intérêt du public pour le cinéma d’auteur. En outre, elle pourrait être décourageante pour les jeunes (ou moins jeunes) réalisateurs.trices. qui ont un vrai projet artistique en tête. Je n’ai aucun dédain face à un genre de cinéma en particulier, je pense que tous les genres devraient être bien représentés (et justement financés!). Je sais, c’est facile à dire…

Cependant, je ne suis pas pessimiste quant à l’avenir des films d’auteur, car je trouve que cette dernière décennie a été riche en très bons films! Je pense également que les festivals de cinéma mettent un point d’honneur à représenter des films d’auteur. Par ailleurs, je trouve que Netflix a financé de très beaux films, comme Okja et Roma.

Je vous laisse lire cet article du Devoir qui éclaire également le sujet.

Avez-vous regardé The Irishman?  

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