Dernièrement, j’ai reçu mon diplôme de maîtrise en sciences politiques. Ça m’a fait réfléchir à mon parcours scolaire avec un mélange de fierté et d’amertume. J’ai réfléchi à l’importance que la musique avait eue sur mes choix, parce qu’il y a 12 ans, quand j’ai terminé mon secondaire, jamais je n’aurais imaginé avoir la possibilité de m’engager vers les études supérieures.

Pourquoi?

J’étais le genre d’élève qu’on oublie dans le fond d’une classe, parce qu’elle n’a pas de talent particulier, parce qu’elle est gênée. Une élève normale qui se fond dans la masse et qui s’efface, tranquillement, dans ce système qui lui a dit qu’elle n’était pas assez « performante » pour les études.

Avec ce CV déjà tracé, vous comprendrez que je n’étais pas pressentie pour le prix Nobel de physique.

Crédit:Crédit: Pascale Gagnon

Vous comprendrez que je ne suis pas allée au Cégep ni à l’université après mon secondaire.

J’aurais donc aimé, à l’époque, qu’on me dise que mes notes ne me définissaient pas et qu’elles ne faisaient pas de moi une bonne ou une mauvaise personne. J’aurais aimé qu’on me dise que mon intelligence n’est pas inhérente à ces mesures arbitraires de performance. J’aurais aimé qu’on croit en moi et qu’on ne m’abandonne pas à croire que je n’avais pas le potentiel de….

C’est à partir de ces échecs scolaires que je me suis invalidée et que j’ai arrêté de croire en ma réussite. J’ai donc un message important pour vous, si vous devez retenir une chose de ce texte: la réussite, c’est relatif.

Pour m’évader de cette lubie de performance, je me suis construit un refuge dans la musique.

J’ai choisi cet espace, le jour où j’ai entendu Jimi Hendrix dire ce que j’aurais aimé qu’on me dise :

« Any instrument is just a vehicule to express who you are and your relationship with the world. No matter what level you’re doing it on, playing music is an opportunity to give something to the world. »

La musique m’a aidée à m’élever, ce qu’à la base, l’éducation était censé faire.

La musique m’a fait une place où je pouvais être moi-même, sans jugement relatif à mon statut social ou à mon rendement scolaire. Un espace où je pouvais me visualiser autrement. C’était mon refus d’arrêter de rêver, mon refus de m’éteindre dans ce système qui m’avait façonnée médiocre, parce que je ne correspondais pas à ses balises.

Je devais avoir 16-17 ans quand j’ai découvert le groupe de musique MAP et  l’un des membres du groupe avait fait ses études en sciences politiques. Ça été ça mon déclic,  ils m’ont donné envie d’étudier, d’aller à l’université en sciences politiques.

C’est plusieurs années plus tard que, par moi-même, je me suis inscrite au Cégep et que j’ai recommencé à zéro.

La musique m’a aidée a y voir plus clair, à vivre mes émotions sans pudeur et à me poser les bonnes questions. Elle m’a donné la volonté de ne pas m’abandonner à ce système et de m’en libérer par la connaissance.​ Selon mon propre cheminement.

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