Les tatouages, les perçages, ou les cheveux colorés sont de plus en plus acceptés au sein de la société. Pourtant, après m’être dotée d’un piercing au nez et de quelques tatouages, j’ai perçu que certains demeuraient inquiets des répercussions de ces décisions sur mon avenir professionnel. De mon côté, j’aimerais cependant que le corps puisse être considéré comme un tableau, et ce, dans tous les milieux,  allant des plus au moins conventionnels.

 

En effet, je crois que ce n’est pas une quelconque modification corporelle qui va changer les valeurs ou les capacités d’une personne. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il est ardu pour un employeur de réglementer l’apparence physique de ses employés, alors qu’il « doit prouver que ceux qui dérogent à sa directive [sur le port de bijoux, de tatouages et de perçages] portent atteinte aux droits fondamentaux des autres employés, ce qui n’est pas toujours facile à démontrer », selon ce qu’on peut lire via Radio-Canada.

Cependant, les tatouages sur des régions considérées comme plus visibles, telles que le visage, les mains et le cou, sont parfois moins bien perçus. Les compagnies doivent éviter les pratiques discriminatoires, mais il arrive quand même que ces oeuvres apparentes sur le corps nuisent à un processus de recherche d’emploi, comme le note TVA Nouvelles.

Et, oui, je crois que les modifications corporelles sont des œuvres. Le corps constitue pour moi un immense tableau que nous pouvons modifier à notre guise pour illustrer qui nous sommes. Cette liberté d’expression de soi devrait pouvoir être exercée par tous, sans aucun jugement.

J’entends souvent: « Tu n’as pas peur de le regretter? ». Et je réponds d’emblée: « Bien sûr que non. » La fresque qui contient mes organes portera les marques de ma jeunesse, et je continuerai de la changer au fil de mon existence et de mes expériences. À 80 ans, ma peau ridée, je serai en mesure de l’accepter colorée. Je regarderai les photos de mon évolution capillaire et des différents perçages que j’ai arborés en riant, comme j’associerai chacun de ces symboles à des événements.

Modifier son corps pour s’exprimer librement, je trouve ça beau. Un tatouage ou une teinture bleue ne feront certainement pas l’unanimité, mais si la personne concernée s’aime ainsi, je crois que personne d’autre n’a son mot à dire. De plus, changer l’apparence de son corps ne modifie aucunement nos convictions profondes et je souhaite donc que l’ouverture d’esprit croissante envers les changements corporels devienne la norme.

L’art se retrouve partout, et je considère qu’il est tout à fait légitime de le porter sur soi.

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