La soirée improvisée qui a peut-être sauvé un homme du suicide

Crédit photo: Luca Bravo/Unsplash La soirée improvisée qui a peut-être sauvé un homme du suicide

Le weekend dernier, il m’est arrivé quelque chose qu’il fallait que je vous partage. Même quelques jours plus tard, je suis encore sur l’émotion de ce qui s’est passé et je ne peux pas m’empêcher de penser que la vie nous amène parfois à certains endroits parce qu’on a besoin d’y être…

 

C’était mon anniversaire. On est sortis prendre des bières avec mon chum et 3 amis, c’était improvisé. Après avoir passé un certain moment dans un bar, on décide de changer d’endroit. On s’entend pour aller dans un p’tit bar de quartier et en chemin, on croise une place plus connue. On hésite vraiment à y rentrer, mais on reste finalement sur notre premier choix, même si de prime abord, il n’y a aucun réel intérêt à y aller!

Une fois rendus, je le vois. Seul au bar, une bière à la main. Tout son être était entouré d’une espèce de noirceur, d’une tristesse… Impossible de regarder autre chose que lui, je me sens happée par la douleur qu’il transmet.

J’en glisse un mot à mon amie et après un coup d’œil, elle me confirme qu’elle ressent aussi une tristesse s’échapper de l’homme. On est figées… j’aurais le goût de l’inviter à notre table, d’aller lui parler, mais la peur d’être mal reçue me retient. J’en parle à mon copain et à nos autres amis, qui en arrivent tous au même constat: cette personne ne semble pas bien aller.

Mais on reste tous impassibles… L’inaction s’englue autour de nous, l’indifférence pourrait presque s’installer. « Il doit être correct » qu’on se dit… « juste une mauvaise soirée ».

Quelques minutes passent et mon chum finit par se lever d’un bond et aller le voir. Ça nous a surpris, parce qu’on avait déjà presque tourné la page sur le sujet. Il lui parle quelque temps et on peut observer de loin que l’énergie de l’homme s’illumine un peu. Il s’anime en discutant avec mon copain et les deux échangent quelques rires.

Mon chum finit par revenir s’asseoir avec nous, et bien qu’il n’en laissait rien paraître, je le connais assez pour savoir qu’il était bouleversé. Il nous dit, la voix qui tremble un peu : « il était en pleine crise suicidaire ».

 

L’onde de choc.

 

Mon copain, qui est intervenant social et qui a travaillé dans un centre de crise suicidaire, nous explique qu’il a abordé l’homme en lui disant simplement « hey, t’es une bonne personne toi! » pis que, de fil en aiguille, cette personne a fini par lui confier qu’il avait des pensées suicidaires et qu’il pensait passer à l’acte le soir même, en rentrant. Sans faire d’intervention en soi, mon chum a tenté doucement de désamorcer la crise et l’homme semblait réceptif.

Je vous en parle des jours plus tard, et je suis encore émue.

 

On était tous prêts à détourner le regard, comme la dizaine de personnes présentes dans le bar avait déjà fait face à la présence de cet homme. On était en train de passer à autre chose, on allait continuer de l’ignorer.

On n’aura jamais moyen de le savoir, mais cette soirée-là, l’action de mon chum a peut-être sauvé une vie.

 

Et si je vous raconte tout ça, c’est un peu pour nous sensibiliser (je m’inclus là-dedans) à être plus ouverts les uns sur les autres. On ne sait jamais ce qu’un simple sourire peut provoquer dans la vie d’une personne.

Oui… des fois on n’est pas certain.e.s si on devrait agir, mais je pense que même un mini moment de gêne de s’être trompé.e.s sur notre évaluation d’une situation vaut tout de même mieux que l’ignorance actuelle.

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

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