Tous les mois, pendant environ cinq jours, je souffre de douleurs menstruelles tellement intenses qu’elles en sont invalidantes. Ce qui est intéressant à savoir au sujet de la dysménorrhée (le terme approprié pour parler de cette condition), c’est que les douleurs sont causées par des contractions utérines qui permettent l’expulsion du sang. La puissance de ces contractions est très variable d’une femme à l’autre. Elles sont déclenchées par la grande quantité de prostaglandine qui est sécrétée. Cette hormone n’agit pas uniquement sur les muscles de l’utérus. C’est pour cette raison que d’autres malaises peuvent accompagner la dysménorrhée (des nausées, des migraines, des vomissements…). Je vous invite à consulter Passeport santé pour plus d’informations.

Selon mon expérience, souffrir de dysménorrhée sévère est d'autant plus difficile que le jugement des autres est constant. Il y a celui des femmes qui n’en souffrent pas et qui croient qu’on exagère notre douleur. Et celui des hommes qui ne connaissent pas les conséquences de la dysménorrhée.

J’ai eu mes règles plutôt jeune, et je me souviens que lorsque j’étais au primaire, je souffrais déjà d’intenses douleurs menstruelles. Parfois, j’étais incapable de me lever tellement la douleur était intense. Je garderai toujours en tête le jour où mon enseignant d’éducation physique m’a mise à l’écart pour m’expliquer que je devais apprendre à être fonctionnelle même lorsque j’avais mes menstruations parce que je ne pouvais pas passer toute ma vie à ne rien faire chaque fois que j’aurais mes règles. Que toutes les femmes en avaient et que ça ne les empêche pas de vivre. Je m’étais sentie très mal. Comme si j’avais échoué. Comme si j’étais plus faible que les autres. C’était la toute première fois que je me faisais expliquer une réalité strictement féminine par un homme. La première fois que je vivais du mansplaining. Je me souviens que ma mère avait été très insultée par son intervention, et m’avait fortement recommandé de ne pas y porter attention.


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Plus tard, des collègues m’ont mentionné qu’elles aussi devaient vivre avec le fait d’avoir des crampes menstruelles, mais qu’elles n’en mettaient tout de même pas autant que moi. Peut-être parce qu’elles n’aimaient pas autant attirer l’attention (leurs paroles, pas les miennes).

Ce ne sont que deux exemples de moment où on a complètement ridiculisé le phénomène que je vivais. Comme si je voulais simplement de l’attention. Que je voulais faire pitié. Que j'étais paresseuse. Ou je ne sais pas quoi.

Pourquoi est-ce aussi difficile d’accepter que certaines réalités existent même si nous ne les vivons pas? J’aimerais qu'on soit capables de plus d’empathie les un.e.s envers les autres. De nous soutenir plus entre femmes. De chercher à comprendre la réalité des autres avant de l’invalider.
Vous pouvez aussi trouver plus d’information sur le site de l’Association québécoise de la douleur chronique.

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