Je suis tannée que nos droits reculent

Crédit photo: Andre Hunter/Unsplash Je suis tannée que nos droits reculent

Plusieurs faits en lien avec le droit à l'avortement ont récemment retenu mon attention dans l’actualité.

Il y a bien évidemment la loi antiavortement votée mercredi en Alabama. Je suis d’ailleurs tombée sur un article qui m’a découragée un peu plus. Il avançait l’idée que cette loi ne pourrait être qu’une étape menant à plus long terme à l’annulation d’une jurisprudence permettant aujourd’hui le droit à l’avortement aux États-Unis.

Il y a aussi eu le veto des États-Unis à une résolution de l’ONU contre le viol comme arme de guerre en raison d’une clause dont la formulation permettrait de rendre accessible aux victimes de ses viols le recours à l’avortement. Et puis un peu avant, j’avais eu vent de la menace de la part d’un syndicat de gynécologues français de faire la grève de l’avortement pour mieux faire pression sur le Ministère de la  Santé.

Cette accumulation sur une courte période me donne la triste impression que les droits des personnes avec un utérus reculent, je suis tannée.

Dans un monde parfait où une personne ne tomberait enceinte que si elle le désire dans les conditions qu’elle jugerait optimales, un monde où toutes les grossesses se dérouleraient parfaitement bien, l’avortement n’aurait peut-être pas lieu d’être. Seulement voilà, flash news, nous ne vivons pas dans un monde parfait : shit happens! Nous sommes des humains, un genre fait d’imperfection, d’impulsion, d’hésitation, de contradiction, etc. Puis la contraception fiable à 100% n’existe pas.

M’interdire le droit à l’avortement, c’est venir marcher sur mes plates-bandes, s’introduire par effraction dans ma sphère privée : cela me dérange qu’on m’interdise le choix de prendre une décision qui m’appartient. On restreint une de mes libertés qui n’empiète pourtant pas sur celles des autres.

Alors, certain.e.s diront qu’en interdisant le droit à l’avortement, ils.elles protègent le droit à la vie de l’embryon ou du fœtus… encore faudrait-il s’entendre sur le moment auquel les cellules se multipliant dans un utérus deviennent un être avec des droits. Une question de conviction plus que de sciences. Autrement dit, personne n’a raison, personne n’a tort. Acceptez ma conviction différente de la vôtre et laissez-moi le choix d’agir en fonction de cette conviction.

Avec cet article, je suis consciente de m’engager sur un terrain glissant tant le sujet est délicat et suscite des réactions vives. Mais il me tenait à cœur et vous en parler a un peu apaisé ma colère.

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