Comment vivre la colère en tant que femme?

Crédit photo: Max Pixel Comment vivre la colère en tant que femme?

Je ne suis pas confortable dans la colère. Je la minimise, l’ignore, la réprime. Je me sauve d’elle à tout moment. Les larmes sont mes alliées. Elles sont plus apprivoisables, presque jolies.

Oui, car une femme se doit d’être belle. Agréable à l’œil. Pas avoir les traits déformés par le mécontentement.

Dès l’enfance, on nous dit d’être douces, réfléchies, sensibles, dociles. On nous apprend à nous nier, à reproduire un archétype féminin déséquilibré. Mais au moment d’agir, de crier, de se révolter, nous manquons de repères.

La plupart d'entre nous avons inconsciemment intégré ces injonctions et devons nous battre contre elles à l’âge adulte.   

Soraya Chemaly, directrice de Women’s Media Center, affirme que « dans la culture occidentale, la colère des femmes a toujours été associée à l’irrationalité, à la folie, à l’inaptitude à raisonner. Pour les hommes, c’est différent : elle est entendue comme une vertu ». 

Un homme en colère s’affirme et défend ses opinions, alors qu’une femme en colère est en perte de contrôle et fait preuve d'hystérie. Le double standard est flagrant et encore omniprésent à notre époque : en politique, à la télévision, à l'école, au travail.

Dans un essai pour Teen Vogue, Laurie Penny écrit : « Vous ne devinerez jamais à quel point les femmes autour de vous sont furieuses jusqu’à ce que vous leur demandiez. Certaines des femmes les plus en colère que je connaisse sont aussi les plus douces, les plus gentilles, les plus charmantes, les plus généreuses. À l’intérieur, elles bouillonnent d’une rage qu’on leur a appris à ne jamais exprimer, une colère qu’elles admettent à peine elle-même. »

Mais à quoi sert la colère?
La colère sert à manifester un besoin. Elle est symptomatique d’un état d’inconfort qu’on cherche à changer. Elle permet de passer à l’action, de se défendre. Mais lorsque la société nous enseigne à étouffer notre frustration, à toujours garder le calme, elle perpétue le fossé d’inégalité qui nous sépare des hommes. 

Non, les émotions masculines ne sont pas plus légitimes que les nôtres.
Non, une femme qui impose ses limites n’est pas folle ni irrationnelle.
Non, une femme qui dit « non » n’est pas mal baisée.

Et si quelque part en dedans, on nous a laissé croire que oui, il est temps de réhabiliter notre colère. 

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