Réaliser qu'on est sur son X

Crédit photo: Luizclas/Pexels

La semaine dernière, j’ai commencé à visionner de nouveau Derek, une série de Netflix qui m’avait grandement émue alors que j’étais en grands bouleversements professionnels et personnels il y a quelques années. Pour ceux qui ne l’auraient pas vue, celle-ci est tournée à la manière d’un faux documentaire dans une résidence pour personnes âgées au Royaume-Uni. Le personnage principal Derek Noakes travaille dans cet établissement. Il est atteint d’une déficience intellectuelle.

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Dans chaque épisode, on suit son quotidien alors que se côtoient humour, gentillesse, humanité et amour. Ajoutez à cela la trame sonore de mon compositeur favori, Ludovico Einaudi et vous avez la recette gagnante d’une série qui arrache les larmes à la fois de joie et de tristesse.

En 2013, Derek m’avait touchée droit au cœur. C’était mon moment bonbon quotidien, alors que j’étais en arrêt de travail et en grande remise en question. Je savais par contre que je souhaitais me rapprocher du domaine social et de la relation d’aide. Je faisais aussi du bénévolat auprès d’une dame atteinte d’Alzheimer à cette époque. J’avais déjà de l’intérêt pour les aînés et je souhaitais un jour pouvoir travailler auprès d’eux.

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En revoyant un premier épisode de Derek, j’ai eu un déclic. Je me suis sentie immédiatement baignée par l’atmosphère qui règne dans mon emploi actuel. J’ai ainsi réalisé que sans m’en rendre compte, six ans plus tard, je me trouve exactement où je désirais être. Ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. Je suis retournée étudier après plusieurs années sur le marché du travail. Je me suis endettée. J’ai développé un intérêt pour la coopération internationale qui m’a mené au bout du monde, au Chili. Là-bas j’ai connu celui qui est aujourd’hui mon petit mari. J’ai continué mes études à distance puis j’ai commencé à enseigner le français. J’ai adoré cette expérience, mais la vérité c’est que l’intervention sociale me manquait. Ça restait présent, mais je ne savais plus trop quand ça reviendrait.

Puis cet emploi dans ma ville natale est tombé du ciel, alors qu’on planifiait un retour au Québec. Depuis près de cinq mois, je suis exactement sur mon X, comme on dit. Je côtoie des aînés, des personnes en déficience intellectuelle et des gens qui ont des problématiques en santé mentale. En parallèle, je co-anime des ateliers d’autogestion de l’anxiété. Si en pleine crise d’anxiété, il y a sept ans, on m’avait dit que je ferais ça un jour, je ne l’aurais certainement pas cru.

Sans m’en rendre compte, j’ai fait doucement mon chemin jusqu’à ces valeurs qui ont toujours été essentielles pour moi.

Sans le réaliser, je suis arrivée là où j’avais envie d’être.

Ça m’a fait un bien fou de réaliser tout cela en visionnant une simple série de Netflix et ça m’a donné envie de le partager. Parce que je pense que de lire un article du genre en 2013, alors que je me demandais si je devais continuer ou pas à exister dans ce monde, ça m’aurait fait un peu de bien.

Des fois la lumière a l’air bien loin, voire impossible à atteindre. Pourtant elle est là. Et je suis tellement contente d’être restée pour arriver à ce jour d’aujourd’hui.

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