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« Comment va ta… », « TA GUEULE! »
Crédit: rawpixel.com/pexels

Ma mère est tombée très malade récemment. Je ne le souhaite à personne. C’est quelque chose que j’aurais aimé garder pour moi, mais mon taux d’absentéisme très élévé envers ma vie entière, mes allers-retours entre la ville de l’hôpital et la ville où j’habitais et mon air de bœuf permanent m’ont trahie.

Je ne souhaite à personne ce qui m’est arrivée. Je ne souhaite à personne les dizaines d’appels au milieu de la nuit parce que l’état de santé évoluait… à la baisse. Je ne souhaite à personne de dormir en cuillère avec son téléphone, de pisser avec son téléphone, de manger avec son téléphone et de prendre sa douche avec son téléphone, tout en s’assurant aux dix minutes que le son est toujours allumé. Qu’il ne s’est pas éteint malencontreusement.

Je ne souhaite surtout à personne les commentaires #DesGens. Ceux qui savent ce que je vis : « Je te comprends, mon arrière grand-mère a eu la même chose », « Je connais quelqu’un qui prenait ce médicament-là, il s’en est sorti » ou alors les trop optimistes « Est-ce qu’elle est de retour à la maison? » « Est-ce qu’elle mange? » « Est-ce qu’elle parle? » Et ceux qui ont vécu ça d’eux-mêmes « Ah oui, c’est pas drôle, j’ai eu ça moi aussi il y a quelques temps »

Il y a aussi ceux qui demandent des nouvelles, mais à qui tu n’as pas envie d’en donner : le dentiste de qui tu as annulé le rendez-vous, l’agence de voyage avec qui ta mère devait partir, ton proprio à qui tu as envoyé ton loyer par e-transfer, ta collègue conne que tu détestes…

Il n’y a, en toute honnêteté, qu’un seul mot qui a envie de sortir de ma bouche. « Ta gueule! » Je me retiens, par politesse, parce que j’ai encore besoin d’un dentiste, d’une job, d’un appart, mais OMG! Pour vrai, une collègue de TPL parlait récemment de l’absence d’empathie dans ces situations-là et je m’y reconnais. Je me donne le droit d’être une merde quelques temps et d’envoyer toutes mes obligations promener. 

Heureusement, il y a les vrais amis. Ceux à qui tu racontes. Qui ne posent pas de questions, qui te laissent raconter et t’envoient des petits mots une fois de temps en temps pour te dire qu’ils pensent à toi. Ceux qui se mettent à ta place et sont conscients qu’avant d’avoir vécu cette situation, c’est impossible de comprendre quoi que ce soit. Et qui n’essaient même pas de comprendre.

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