En guise d'introduction, je vais vous parler de mon expérience et de ce sujet qui me tient tant à coeur.
Je ne veux pas parler pour d'autres; chacune vit la grossesse et l'avortement différemment, ce qui est tout à fait légitime. Dans mon cas, je n'avais pas besoin d'entendre les organismes pro-vies me convaincre ou me culpabiliser que la vie de cette enfant était importante. Je vivais déjà une montagne russe d'émotions, sans parler des nausées qui m'empêchaient d'oublier la situation dans laquelle j'étais.

Je n'ai pas osé en parler à ma mère (qui est super compréhensive) car je ne voulais pas l'entendre dire: « Je vais t'aider si tu le souhaites, tu ne seras pas seule si ta décision est de continuer cette grossesse et d'avoir cet enfant ». Il m'était impossible de penser à ce scénario sans pleurer, et tant que je n'entendais pas ces mots de ma mère, j'évitais de vivre davantage de culpabilité. Cette culpabilité n'est pas juste! Cette culpabilité fait mal! Décider de me faire avorter fut une décision bouleversante autant avant, pendant qu'après l'avortement. 

Je ne regrette pas mon choix; ça n'a pas été facile et cette expérience m'a transformée pour la vie,
mais je réalise la chance  que j'ai eu la chance d'avoir le choix ce que plusieurs n'ont même pas. À mon avis, toutes personnes ayant un utérus a le droit de choisir si elles désirent avoir un enfant ou non, et ce, sans discrimination et sans restriction. Pourtant, dans les faits, ce n'est toujours pas le cas. 
 

  •   Au Canada, l'avortement forcé auprès des personnes vulnérables telles que les femmes autochtones est une problématique très inquiétante brimant les droits et libertés de la personne.
     
  •  L'accessibilité de l'avortement n'est pas égale selon l’endroit où l’on vit ; en effet, certaines régions du Québec sont desservies que par une seule clinique offrant ce service. Ce qui entraîne des délais, ainsi que de la route à faire afin d'avoir accès à ce service.
     
  • Il existe des cas où l'accès à l'avortement est brimé, en raison du poids de la personne enceinte.  Allo, la discrimination! 
     
  • Il existe un grand nombre de fausses cliniques d'avortement au Québec : il s'agit de centre anti-choix visant à manipuler afin d'éviter l'avortement. Ces cliniques utilisent la manipulation et la culpabilité afin d'arriver à leur fin. (Voici un quiz, permettant de les démasquer)
     
  • La majorité des cliniques offrent leurs services seulement si l'intervention a lieu lors du premier trimestre (12 semaines), il est plus difficile de trouver une clinique qui procède ce type d'intervention ce qui rend l'accès à l'avortement plus difficile. De plus, l'intervention est plus intrusive lors du deuxième ou troisième trimestre. 

Il s'agit de réalités que nous voyons apparaître en primeur dans les média et qui disparaissent, aussi rapidement. Des réalités au Canada dont on ne parle pas, qu'on nie et que nous préférons oublier. Nous devrions en parler afin de réduire les inégalités et favoriser son accessibilité. L'avortement fut décriminalisé en 1988, pourtant ces inégalités demeurent. 30 ans, et certain.e.s n'ont toujours pas la possibilité de choisir. Il est temps que cela cesse!

Toutes personnes ayant un utérus ont le droit de choisir si ils.elles désirent avoir un enfant ou non, et ce, sans discrimination et sans restriction. L'accès à l'avortement est un droit! L'avortement est un choix; ton utérus, ton choix! Et personne ne devrait pouvoir brimer ça!

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