Offre-toi le meilleur. Tu le mérites!

Offre-toi le meilleur. Tu le mérites!

Au début de l’automne, j’ai eu 36 ans. Trente-six belles saisons de feuilles multicolores. Trente-six automnes à voir la nature mourir doucement avant de s’endormir pour un long sommeil glacial. On pense qu’après avoir vu tant de vie s’éteindre, on sait comment vivre, mais non, pas tant que l’on pourrait penser. On fait tous face à des blessures qui nous plongent directement dans un beau labyrinthe : je nomme les méandres de notre cerveau (ou de notre âme). Appelez ça comme vous voulez. C'est plutôt une question de positions scientifiques et spirituelles et je ne vais pas débattre à ce sujet, aujourd’hui. Je n’ai pas l’énergie.

Je n’ai plus d’énergie en fait et je voulais confier que c’était la QUATRIÈME fois de ma vie, que je me retrouve devant un épisode d’épuisement total. Les deux premières fois, c’était clairement des dépressions sévères entremêlées avec des crises de panique, des TOCs, et   de l’agoraphobie (merci de ne pas confondre avec l’ochlophobie qui est la peur des foules). La troisième fois, c’était un burn-out professionnel.

Cette fois-ci, c’est différent. C’est tout mon corps et la vie qui me crient à pleins poumons qu’il faut que je m’arrête. J’ai appris dans le passé que quand tout grafigne et écorche, c’est le signe que tu n’es pas sur ton X et que de nager à contre-courant, ça épuise. Je pourrais dire que j’ai lamentablement échoué, parce qu’à nouveau en trois décennies, je me retrouve à devoir prendre un temps d’arrêt, mais non, je me suis profondément et sincèrement remercié de ma compassion envers moi-même ardemment apprise au fil des ans. Ma tendance à moi c’est la culpabilité et la honte. Je me sens coupable quand je pense d’abord à moi, je me sens coupable de ne pas réussir tout ce que j’entreprends du premier coup ou d’abandonner parfois. Je me sens coupable de ne pas toujours exploiter mon plein potentiel. J’ai honte de ne pas être parfaite, j’ai honte de certains traumas que j’ai, j’ai honte de mon corps, j’ai honte de ce que j’ai gravement manqué. Vous voyez le portrait? Je sais que je ne suis pas seul et c’est pour ça que je me confie ici.

Cette fois-ci, je me suis levée un matin après une année particulièrement éprouvante physiquement et émotionnellement et je me suis dit : « N’attends pas ce matin où tu ne seras plus capable de sortir du lit tellement t’as mal à l’âme. N’attends pas d’être si fatiguée que tu n’arriveras plus à dormir. S’il te plaît, par amour pour toi, prends soin de toi. Offre-toi le meilleur fille, tu le mérites en criss! »

À tous celleux qui souffrent en silence ou même publiquement. Sachez que votre souffrance est valide. Il n’y a pas pire, ni mieux que vous, c’est vous le personnage central de la trame de votre vie, alors vos drames et souffrances ne doivent pas être mis de côté pour ne pas déranger ou parce que les autres ont besoin de vous. J’ai fait l’erreur pendant beaucoup trop longtemps et c’est terriblement wrong.

Parce que j’ai vécu beaucoup de honte dans le passé de vivre ces moments, j’espère que les discours sur la santé mentale vont faire de plus en plus de bruit, pour qu’enfin dans cette société de performance, on commence à comprendre que l’humain est fait de chair et d’émotions. Tu n’es pas un.e moins bon.ne humain.e, parce que tu fais un burn-out ou une dépression. Tu n’es pas moins fort.e. Tu n’es pas moins parfait.e.

Je réalise depuis quelques années que j’ai une force incroyable et que je fais preuve d’une résilience impressionnante. Est-ce que ça veut dire que je ne suis pas propice au burn-out ou à la dépression? Absolument pas! C'est un mythe qu’il faut déconstruire : les personnes fortes et joyeuses arrivent aussi au bout du rouleau. Quelques personnes dans mon entourage ont été surprises, parce que je suis une éternelle optimiste et que j’ai les épaules fortes pour encaisser les coups de la vie avec un lâcher-prise quand même bien maîtrisé, mais... y’a un bout à toute, comme on dit! À tous les warriors out there, c’est ok de se reposer. Vous reprendrez le combat après, plus fort.e.s.

Sur ce, je m’en vais prendre soin de moi, et pour la première fois de ma vie : SANS CULPABILITÉ! S’il vous plaît, prenez soin de vous aussi.
 

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