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Le BESOIN de structure quand on est TDA/H
Crédit Marten Bjork/Unsplash

Une des difficultés fréquentes rencontrées par les personnes qui souffrent de TDA/H est une plus faible capacité de planification, c.-à-d. la capacité à déterminer les différentes étapes nécessaires et le temps nécessaire pour chacune afin de résoudre un problème ou atteindre un but. La gestion de l’horaire et du temps est souvent vraiment prenante pour les personnes TDA/H. Avoir plein d’idées de projets, mais beaucoup de mal à les exécuter parce que nous n’avions pas pensé à tout ce que ça impliquerait en temps et en énergie, c’est notre quotidien! #LolPasLol
 

Pour ma part, ce qui m’aide beaucoup pour la gestion de l’horaire et même de l’attention, c’est la structure. Il faut absolument que mes choses chez moi soient organisées et placées au même endroit, sinon je les perds ou je les cherche ad vitam aeternam. Il faut aussi absolument que j’aie un agenda et que j’y note tout tout tout, sinon je risque d’oublier des rendez-vous ou des tâches à faire. Même l’épicerie et le lavage, ce n’est pas une joke!
 
Pour pouvoir accomplir tous les projets que je démarre, j’ai vraiment besoin de prendre le temps de m'asseoir et de planifier le bon moment et la durée de chaque tâche selon leur priorité ou leur urgence, parce que sinon je fais la tâche qui me tente plutôt que la plus pertinente, ou je deviens submergée et je ne vois plus le bout… Mettre les tâches dans mon agenda, ça diminue grandement mon stress et ça me permet aussi de dire non lorsque je vois que ça ne fonctionnera pas, parce que t’sais, il y a quand même bien juste 24 heures dans une journée et il faut manger et dormir là-dans.  
 
Certaines personnes me voient comme très organisée et à la limite rigide avec mon agenda, mais c’est que je ne parviens pas à fonctionner sans cette structure. Dans ma tête, tout est pêle-mêle. Il y a une multitude d’informations, mais rien n’est classé au bon endroit. Il me faut ce support extérieur, comme pour me démêler et me retrouver. Ce n’est pas une simple préférence ou un caprice. J’en ai vraiment besoin pour être fonctionnelle.
 
Je réussis quand même à bien me débrouiller, mais tout ce qui implique de planifier, que ce soit mon horaire ou les repas, me demande énormément de ressources cognitives et me prend beaucoup plus de temps que quelqu’un qui n’a pas cette difficulté. Pour la majorité des gens, c’est difficile à comprendre que ce soit si ardu de faire un horaire ou de suivre une recette. Ils le font tous les jours eux, et il n’y a rien là, mais c’est une autre paire de manches pour un cerveau TDA/H mettons.

Crédit : Giphy
 

Le fait que ce soit si laborieux de planifier mes tâches et mes activités fait en sorte que je suis vraiment sensible aux imprévus. Je déteste quand il n’y a pas de plan préétabli, parce que je ne pourrai pas me préparer en conséquence. Je n’aurai pas suffisamment de temps pour bien planifier et ça risque donc d’être chaotique à souhait. Par exemple, quand quelqu’un me dit « okay je serai là dans 30 minutes ». Pas moi. Not gonna happen. J’ai besoin d’avoir un plan au moins la veille pour m’y préparer, ne serait-ce que mentalement.
 
Aussi, j’ai toujours été comme ça, mais je suis aussi vraiment irritée quand quelqu’un m’annule ou reporte ce que nous avions prévu, parce que ça m’a pris du temps et de l’énergie de planifier mon horaire et là, je dois le modifier. Je l’ai noté à mon agenda, je me suis assuré que tout concordait et BOOM (Desjardins ahah), je dois refaire tout le travail! C’est dur à expliquer parce que ça peut sembler anodin, mais quand notre cerveau a littéralement de la misère à planifier, c’est vraiment lourd ce genre de situation.

Ce n’est pas que je ne suis pas sensible ou compréhensive aux situations impromptues qui peuvent survenir. Des imprévus, ça arrive à tout le monde. C’est juste que ça me débalance dans l’équilibre que j’essaie de mettre en place dans tout ce chaos qu’est mon cerveau. C’est poche à dire, mais après plusieurs chokes de suite, je n’initie plus pour prévoir des activités avec la personne. Ça me tire trop de jus mental.
 
Avec le temps par contre, je réalise que mon besoin de structure peut parfois devenir légèrement malsain. Je suis effectivement plus rigide et intolérante quand je dois replanifier mon horaire et ça fait que je suis parfois un peu sèche avec mon entourage. J’essaie de prendre ça plus smooth, mais maudit que ça me fâche. Et ça me fâche plus que la moyenne des gens, je pense…

 

Crédit : Giphy
 

Ça fait longtemps que je vis avec le TDA/H même si ça fait peu de temps que je suis au courant, donc j’ai plusieurs façons de compenser, mais je me rends compte que certaines d’entre elles, alors qu’elles devraient m’aider à mieux fonctionner, nuisent à ma capacité à m’adapter à ce genre de situation. C’est pourtant le contraire que je vise… C'est comme si à la longue, j'étais devenue dépendante en quelque sorte de mes stratégies et que si ça en déroge, tout flanche. Je deviens super stressée, parce que je ne sais pas d'emblée comment je vais réussir à me réajuster et alors, je suis plus irritable. Les gens ne comprennent pas nécessairement sur le coup pourquoi ça me déstabilise autant. C'est difficile à saisir quand on ne le vit pas.
 
Je n’ai malheureusement pas encore trouvé comment m’améliorer là-dessus et être, disons, moins rigide avec mes stratégies. Ce que j’essaie de faire présentement, c’est de me permettre d’être fâchée et de réaliser que c'est normal parce que pour moi, c'est vraiment complexe de planifier. Depuis que j’ai le diagnostic, au moins je peux comprendre pourquoi ce genre de banalités me fait suer autant. Sinon, j’essaie d’exprimer mon mécontentement de façon posée plutôt que de me montrer bête. Habituellement et heureusement, les gens sont réceptifs.

Le reste viendra…
 

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