Tous les jours, en quittant l'école où je travaille, j'écoute la radio parlée. Ça me met au parfum de tout ce qui se passe autour de moi. Aujourd'hui, Paul Houde annonçait qu'une fusillade dans une école secondaire se produisait simultanément. Les victimes s'additionnaient aussi rapidement que les secondes défilaient. Le cauchemar de tout parent, de tout étudiant, de toute personne humaine. Le frisson m'a traversé le corps tandis que le journaliste, la voix tremblotante, nous décrivait la scène alors que ses enfants étaient eux aussi en lockdown dans une école voisine à la scène de crime toujours active. Le ou les tireurs étaient toujours actifs pendant que l'équipe tactique tentait de sortir les élèves au compte-gouttes.

Je travaille dans le milieu scolaire depuis plusieurs années et nous recevons annuellement des rappels et des formations sur les mesures de confinement. Ces procédures, que nous ne souhaitons jamais utiliser, doivent être prises au sérieux à l'ère où certains dénoncent le registre des armes à feu. Je ne peux m'empêcher d'avoir énormément de colère envers ces groupes, qui font la promotion du port d'armes à feu ou qui accusent notre société de vouloir les brimer dans leurs droits et libertés en ce qui concerne le registre. Ils ont même tenté de manifester sur le lieu commémoratif de la Polytechnique en mémoire des 18 femmes, victimes d'un tireur misogyne. 

Sommes-nous en train de devenir insensibles à ces gestes de violence quotidiens? Pensons-nous que cette violence n'est que présente chez nos voisins du Sud? Je suis horrifiée à chaque fois (car il y en a beaucoup) que j'apprends qu'une fusillade a lieu dans un établissement scolaire (une fusillade tout court dans le fond). Je trouve que mon anxiété est de plus en plus justifiée. 

Où sommes-nous en sécurité si nos écoles se transforment en scènes de crimes et en morgue. Il faut que les choses changent, que l'accès aux armes soit extrêmement encadré, que la violence dans les jeux vidéo et à l'écran soit irradiée, que nous investissions davantage dans le soutien au sein de la communauté pour éviter que les gens s'isolent et développent une colère assez forte pour tuer. Arrêtons de caractériser le tueur de « tireur fou ». N'associons pas la maladie mentale à la violence extrême. Criss, je n'ai même plus assez de mots pour décrire à quel point je me sens impuissante et découragée face à la société qui bercera mes filles quand je ne serai plus là pour les protéger. 

Vous m'excuserez, mais en ce jour où l'amour devrait être célébré, c'est mon espoir qui est en train de décrisser. 

Une pensée pour toutes les jeunes victimes.

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