Mercedes Morin nous présente ses collections printemps/été et on capote!

Crédit photo: Olivier Gariépy


J'ai un gros crush sur la designer montréalaise Mercedes Morin. Son souci du détail et ses choix de tissus font de ses créations des pièces à la fois intemporelles et à la mode. Elle lançait cette semaine le lookbook de ses collections printemps/été et, comme d'habitude, je capote et je veux tout acheter! Oui oui, vous avez bien lu SES collections, parce que pour la première fois, elle lance une ligne pour « hommes ». Qu'on s'entende tout de suite, on parle ici de collections pour « hommes » et pour « femmes » parce que le monde de la mode n'a pas encore trouvé de meilleurs termes, mais, quel que soit votre genre, vous pouvez porter ce qu'il vous plaît! D'ailleurs, « la collection A/H/17 est déjà prête et la plupart des modèles seront unisexes », me souligne la designer.
 
Épuré et lumineux, le lookbook est à l'image de ce qu'on attend de la saison chaude. Le photographe Olivier Gariépy a capté dans sa lentille une mannequin mixte Eve Tagny, créant un beau contraste dans les photos. Mercedes, elle-même à moitié Dominicaine, a toujours eu le souci de la diversité corporelle et culturelle et c'est une autre bonne raison de triper sur elle comme je tripe. 
Je me suis entretenue avec elle pour parler de son processus créatif et de ses nouvelles collections.
 
Ta dernière ligne automne/hiver (pour femmes) était inspirée des « riches décors italiens des années 50 ». Quelle est ton inspiration principale cette fois-ci?
Je suis tombée sur une guipure (de la dentelle) blanche qui me rappelait un peu les coraux fossilisés que je ramassais sur la plage quand j'étais petite (mon père est Dominicain ce qui veut dire beaucoup de souvenirs sur la plage). J'ai voulu tourner autour de ce thème pour cette collection-ci que j'ai d'ailleurs nommée Récif.

Tu as étudié en textile et tu crées souvent tes propres tissus et teintures. Est-ce que c'est encore le cas dans ta nouvelle collection?
Oui, en partie. La camisole et la robe ont été teintes à la main, à l'aide de teintures naturelles. Cette nuance de rose est obtenue avec de la garance : une racine qui est utilisée depuis des centaines d'années par différents peuples à travers le monde. Les tricots qui sont utilisés comme base n'ont pas été faits sur mesure, mais ils proviennent d'une manufacture locale, donc tricotés à  Montréal. 

Tu joues beaucoup avec les textures. Quels sont les matériaux que tu as mis de l’avant cette année?
Dans les pièces pour femmes, j'ai majoritairement fait l'utilisation de rayonne de bambou qui a un touché ultra soyeux et léger. Il n'y a pas mieux pour les chaudes journées d'été.

Tu t’occupes de l’ensemble du processus de la confection de vêtements, une façon pour toi de rapprocher le consommateur de la production manufacturière. Pourquoi ça te tient autant à cœur?
Je commence de plus en plus à déléguer, mais je reste toujours du côté de la production locale. C'est tout simplement un choix que j'ai décidé de faire. Pour moi ça n'a aucun sens de se fermer les yeux sur le fait que quelqu'un n'a clairement pas été payé à sa juste valeur dans une chaîne où un produit est vendu à 5 $. Ce n'est pas toujours facile parce qu'il y a énormément de sensibilisation à faire auprès du public à ce niveau. Les gens ne comprennent souvent  pas pourquoi les vêtements de designers locaux sont « aussi chers ». Je crois qu'il faut tout simplement apprendre à mieux consommer et faire des choix. Moi, j'ai fait celui de ne plus jamais mettre les pieds dans un H&M.

Les nouvelles collections de Mercedes Morin seront en vente sur sa page Etsy et sur son site. Vous pourrez aussi vous procurer les nouveaux morceaux au lancement de la collection, le 13 avril prochain à l'Atelier Violi, au 4039 Sainte-Catherine est. 

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