J’ai eu mon premier (vrai) cours de sexualité au cégep. J’avais 19 ans, et c’était un cours complémentaire. C’était il y a deux ans seulement.

Je me considère très privilégiée d’avoir pu suivre un cours aussi enrichissant, donné par une sexologue d’expérience en plus, mais ça me préoccupe que l’accès à des connaissances essentielles à une bonne santé sexuelle soit aussi restreint.

Si je vous dis ça, c’est parce qu’il m’arrive souvent de tomber sur des articles de psychopop dans mon fil d’actualité, partagés par des gens que je connais. Le genre de fausse nouvelle basée sur des études louches qui revient chaque année et qui nous ~ les femmes ~ fait toujours sentir un peu cheap. T’sais, je ne shamerai jamais quelqu’un pour ce qu’il sait ou ne sait pas. Pour tout vous dire, c'est les intentions des auteurs qui rédigent ces billets-là que je conteste.

Parmi les fausses affaires que je vois constamment resurgir, il y a le fameux point G. Au début des années 60, le couple de sexologues Masters et Johnson – que vous connaissez peut-être grâce à la série Masters of Sex – ont affirmé que le clitoris était le seul organe sexuel menant à l’orgasme, théorie qui a été confirmée plusieurs fois par la suite. Basically, c’est dire que l’existence du point G comme tel n’a jamais été prouvée… ou qu’il s’agit en fait du clitoris, par une pression exercée de l’intérieur du vagin.
 

Eh oui!
Crédit : Giphy
 
I mean, la région que désigne le point G n’est pas fictive, mais c’est quand même étonnant de continuer de voir certaines sources d’information s’acharner sur le cas. Les médias ont longtemps dépeint l’atteinte du point G comme un prérequis pour une vie sexuelle épanouie, devenant une source de culpabilité pour plusieurs femmes. Ils ont même réussi à nous diviser et à nous mettre en compétition les unes contre les autres, en nous apposant des étiquettes – vaginale ou clitoridienne – qui nous abaissent à notre potentiel sexuel. Ugh.

En réalité, l’orgasme et les moyens pour y parvenir ne sont qu’une question de préférence. La sexualité est un droit acquis, et nous devrions toutes pouvoir en jouir (tudumtsi) de la manière dont nous le souhaitons. L’affaire, c’est qu’on nous la présente rarement de façon saine et inclusive. La plupart du temps, on nous vend un idéal sexuel plutôt qu’une opportunité. On devrait pourtant se sentir guidée, non pas contrainte par l’information qui nous est offerte.

Jusqu’à il y a deux ans, j’étais frustrée sexuellement, car je me sentais prise dans une enveloppe charnelle que je ne comprenais pas et que je redoutais. On ne m’avait jamais laissé croire que j’avais le choix de déterminer ce qui caractérisait mon plaisir sexuel à moi, et que je n’avais pas à me sentir dévalorisée par mes propres limites, physiques ou morales. Je suis parfois même allée jusqu’à entraver ma volonté dans l’espoir de répondre aux attentes de mes partenaires, m’oubliant complètement.

Avec le temps, j’ai fini par me défaire du fardeau de la performance en apprenant à mieux connaître mon corps et ainsi m’approprier ma sexualité, sans jamais oublier de me (faire) respecter

 
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