Que justice soit faite : une pétition pour les victimes de Val-d'Or

Crédit photo: Iakov Filimonov/Shutterstock

Il y a maintenant un an, les témoignages de 37 femmes autochtones se sont unis pour dénoncer les violences sexuelles qu'elles avaient subies aux mains de patrouilleurs de la Sûreté du Québec. C'est à l'aide du reportage réalisé par l'émission Enquête, Abus de la SQ : les femmes brisent le silence, qu'une enquête a été exigée pour prouver, enfin, noir sur blanc, que les femmes autochtones étaient victimes de violences systémiques de la part des forces de l'ordre. Une enquête qui aura finalement été confiée... au Service de Police de Montréal.

Le 15 novembre dernier, Le Journal de Montréal et La Presse laissaient entendre que, selon leurs sources, les six patrouilleurs suspendus lors de l'enquête seraient en fin de compte lavés de tout soupçon, et qu'il ne s'agissait que d'une question de temps avant qu'ils ne puissent reprendre leurs fonctions. Malgré le témoignage de 37 victimes.

Ce que demande Viviane Michel, la présidente de Femmes autochtones du Québec, depuis plus d'un an, c'est une enquête indépendante sur les relations entre les corps de police et les autochtones au Québec. Outre les conclusions de l'enquête sur la police de Val-d'Or, le problème demeure sans écho à l'échelle de la province et le constat reste le même : une enquête policière sur un autre corps policier mène à un résultat biaisé et inefficace qui fait du tort aux victimes et qui légitimise les violences à force de les effacer.

Malgré le fait que le nombre de femmes autochtones recensées disparues ou assassinées s'approche des 4 000 depuis 1980, malgré le fait que les statistiques démontrent que 75 % des femmes autochtones auront subi au moins une agression sexuelle avant leurs 18 ans, il aura fallu qu'un grand média québécois donne finalement la place aux victimes pour que leurs témoignagnes forcent le ministère de la Sécurité publique à exiger des réponses de sa police provinciale. Une enquête qui, comme on peut maintenant le voir, servait davantage à protéger l'image du corps policier qu'à déterminer leur responsabilité, autant en ce qui concerne la violence dont on les accuse, que dans leur inefficacité à les arrêter.

C'est maintenant l'occasion de montrer notre solidarité envers les victimes laissées en reste de cette enquête biaisée.

Une pétition est présentement en cours pour exiger une enquête indépendante sur les témoignages des 37 victimes recensées des abus sexuels de Val-d'Or. Étant donné ce que nous savons des violences institutionnelles à l'endroit des communautés autochtones, étant donné les milliers de femmes des Premières Nations devenues muettes par l'inaction de notre gouvernement et de nos médias, cette pétition réclame que justice soit rendue aux victimes qui ont eu le courage de dénoncer leurs agresseurs.

Si vous souhaitez vous joindre à nous, une vigile aura également lieu le 22 novembre, dès 18 h, à l'Esplanade de la Place des Arts. Tous les détails ici.

Parce qu'on ne peut pas accepter qu'une enquête fasse taire vos voix.
Parce qu'on vous croit, toujours, et aussi longtemps qu'il le faudra. 

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