Dernièrement, j'ai mis les mains sur un livre qui m'a fait vivre beaucoup d'émotions. Plus fou que ça...tumeur! Les aventures de Jack et Joe est le deuxième livre de Véronique Lettre. Elle est devenue auteure (en collaboration avec sa maman) après avoir surmonté une dure épreuve, soit la bataille contre une tumeur au cerveau. Cinq ans plus tard, elle a été atteinte d'un cancer du sein. Elle a donc écrit un second livre pour nous raconter comment elle a vécu cette deuxième expérience avec la maladie et l'impact que cela a eu sur ses enfants. Deux cancers, faut le faire! Heureusement, elle en a retiré du positif, car ces circonstances l'ont motivée à rédiger deux romans autobiographiques hyper touchants, mais légers et comiques en même temps.

J'ai été séduite au moment où Véronique Lettre mentionne à ses lecteurs qu'elle ne veut pas être perçue comme une héroïne en raison de ses deux victoires contre le cancer. Au fond, nous n'avons été que malchanceuses de nous retrouver dans de telles situations. Les héros, eux, mettent volontairement leur vie en danger pour en sauver d'autres. Puisque j'ai moi-même gagné mon combat contre le cancer et que suis toujours prise au dépourvu, voire mal à l'aise lorsqu'on me fait des éloges à ce sujet, je me suis enfin sentie comprise. « WOW. C'EST PAREIL POUR MOI, VÉRO. FEEL YOU », telle fut ma réaction à la lecture de chaque chapitre. Tout un soulagement, un pansement sur une plaie que je ne savais même pas qui était ouverte. 

Malgré le fait que j'aie surtout été réconfortée par les mots de Véronique parce que je me suis reconnue dans ses commentaires, il y a deux thèmes qui m'ont interpellée plus que les autres, justement parce que nous avions une approche très différente par rapport à ceux-ci. 

1. Les cheveux
S'il y a bien une chose qui est de connaissance générale en ce qui a trait aux traitements de chimiothérapie, c'est que ces traitements causent la perte de cheveux. Pour l'auteure du livre, les cheveux des gens sont devenus une réelle obsession (de son propre aveu). Elle envie et admire la chevelure des personnes qu'elle croise ou côtoie. Elle apprend à s'adapter à sa perruque, chose que je n'ai pas eu à faire. J'ai aimé comprendre comment on se sent quand on perd nos cheveux à l'âge adulte, car à 4 ans, cette réalité ne m'a pas trop affectée.

Vers l'âge de 6 ans, environ un an et demi après le début de mes traitements, je me souviens encore d'avoir fait un commentaire à mon père à propos du fait que ça me dérangeait un peu, ne plus avoir de cheveux, parce que je me démarquais de mes amies. Il a ri et m’a dit que c'était absurde, que je devrais plutôt être contente de ne plus en avoir. Je détestais me laver les cheveux (parce que le savon dans les yeux, ça brûle, ok!) et, selon lui, j'avais enfin l'excuse parfaite pour ne pas avoir à le faire. Quand j'en avais encore (des cheveux, là), je tentais souvent de m'enfuir du bain en courant, sans les avoir lavés. De temps en temps, mon père me rattrapait et me forçait à rendre utile la bouteille de shampoing pour enfants qui traînait dans notre salle de bain. Sa réponse était parfaite. Pourquoi me soucier du regard des autres et de mon apparence quand, en fait, pour moi, c’était plutôt libérateur comme sentiment, ne plus avoir de cheveux? Plus facile à dire à 6 ans qu'à 35 ans, je n'en doute pas!

2. La vie après la rémission
Vous ne serez pas étonnés d'apprendre que celui ou celle qui a senti que sa vie était en grave danger et qui s'en est remis risque de se répéter la devise suivante assez souvent : il faut vivre pleinement, profiter de la vie! Par contre, l'interprétation de cette phrase clichée diffère d'une personne à l'autre. Par exemple, Véronique Lettre est beaucoup plus aventureuse que moi. Elle s'est fait offrir de faire un tour en deltaplane, ce qu'elle a accepté, évidemment. Le passage où elle en parle est inspirant, alors qu'elle nous explique à quel point ce genre d'activité nouvelle lui paraît agréable et importante. Je trouve cela magnifique. Cependant, jamais je ne ferais de deltaplane ou de parachute. Contrairement à elle, je suis plutôt pissou. J'ai peur de prendre des risques. Je remets tout en question et demande toujours un deuxième, et un troisième avis pour toute décision importante (ou non). En fait, j'ai peur de gaspiller la chance que j'ai de vieillir. Je profite de la vie quand même, mais sans oser vivre de rush d'adrénaline du genre. 

Voilà! Si vous voulez lire un extrait ou vous procurer le livre, vous pouvez vous rendre ici.
Mademoiselle Lettre a aussi un blogue que vous trouverez ici. Celui-ci pourra vous donner une bonne idée de son humour.

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