Ouvrages de référence et identité de genre ne font pas bon mélange

Crédit photo: Marisa_Sias/Pixabay Ouvrages de référence et identité de genre ne font pas bon mélange

En recherchant des ouvrages de référence non genrés, c’est-à-dire des ouvrages qui traitent l’être sans tenir compte de son sexe attribué à la naissance, j’ai eu peur. Cet été, je me suis donné comme mission de dénicher des livres d’informations sur les plantes, mais qui n’utilisent pas les genres pour soigner l’individu.

Ce que j'ai trouvé le plus troublant, c’est de voir comment nous évoluons en société face à notre tolérance et à notre inclusivité. Nous en découvrons de plus en plus sur nous-mêmes, sur nos préférences, nos convictions, notre identité.

Bédé sur les genres
Crédit : Assigné Garçon BD/Facebook

« Identité », c’est genre LE mot épeurant en vogue en ce moment.

Et je dirais que ma conclusion à cela est que les gens privilégiés se sentent souvent attaqués quand une personne remet son identité en doute et affirme ce qu’elle est. Non, mais de quoi on se mêle?!

Bref, petite anecdote :

En herboristerie traditionnelle, les plantes sont souvent qualifiées de « masculine » et « féminine ». En interrogeant des groupes de médecine naturelle sur Facebook, beaucoup de gens ont sauté rapidement aux conclusions. Certains pensaient que je voulais enlever le genre aux plantes, d’autres affirment qu’il n’y avait pas d’entre-deux : on est soit homme, soit femme. Mais être les deux ou rien pantoute? Impossible. Vouloir faire une transition de genre? Oubliez ça. Ah, oui, et j’étais qui, moi, pour remettre en question le savoir ancien des grands maîtres herboristes?

Ça puait la personne qui avait peur qu’on lui enlève son identité. Tiens-tiens, quelle ironie! Pas capable d’ouvrir ses horizons, les gens restent enfermés dans leur binarité et leurs stéréotypes. Ils y trouvent confort et oppression, certains inconsciemment, d'autres juste pour faire du mal.

D’autres me disaient de me référer à un dictionnaire pour comprendre que tous nos mots de la langue française avaient un genre, et encore une fois, j’étais qui, moi, pour changer tout ça?
Hey, wô minute, papillon! Premièrement, les dictionnaires évoluent avec la langue et non le contraire. Si, chaque année, une nouvelle liste de mots est ajoutée et retirée, pourquoi la neutralisation des termes serait impossible?
 

Merriam Webster about Genderqueer
Crédit : Merriam Webster/Twitter

J’ai eu peur pour mes ami.es et tous les gens qui ne se définissent pas par leur genre, parce que des commentaires transphobes et sexistes, j’en ai eu une pelletée. Sur les médias sociaux, le monde se permet d’être violent dans leurs propos, et j’ai eu les jambes molles pendant un bon bout, suite à tout ça. Tout ceci m’a confrontée à une très infime partie de l’oppression que les personnes non-binaires, queer ou trans subissent tous les jours.

Solidarité.

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

PLUS DE NOUVELLES