#GémeauxTropBlancs : notre télé encore moins diversifiée que chez le voisin

Crédit photo: MSN #GémeauxTropBlancs : notre télé encore moins diversifiée que chez le voisin

En janvier dernier, j’avais publié ce statut sur ma page Facebook personnelle nous rappelant que la télévision québécoise manque cruellement de diversité culturelle, et ce plus qu’aux États-Unis.

Les nominations des Gémeaux sont sorties dernièrement et, à l’exception de quelques personnes, les nommés sont blancs comme neige

Plusieurs de mes amis m’ont envoyé un message, offensés par le manque de minorités visibles dans notre télévision, comme si c’était quelque chose de nouveau. Pourtant, ce ne l'est pas. Est-ce normal? Non, mais ça, nous le savions déjà.

Lorsque les nominations des Oscars sont sorties, plusieurs médias québécois ont été rapides sur la détente pour critiquer le manque de diversité culturelle aux États-Unis. Cependant, on ne peut pas critiquer nos voisins du sud sans parler de notre propre situation.

La vraie question est : comment être sélectionné aux galas importants au Québec alors qu’il n’existe aucun rôle permettant de démontrer notre plein potentiel? Le peu de personnages de minorités ethniques, qui apparaissent dans les émissions, sont des rôles d’ami, de bouffon ou de faire-valoir.

Même lorsqu’il y en a qui nous sont « techniquement » réservés, on préfère les donner aux personnes blanches. Nous avons qu’à penser à la distribution de la pièce de théâtre la Bonne Âme du Se-Tchouan de Bertolt Brecht, qui ouvrira en janvier 2017 au Théâtre du Nouveau Monde.

Brièvement, la pièce raconte l’histoire de trois dieux qui voyagent dans la fameuse région reculée de Chine, le Se-Tchouan (Sichuan). Ceux-ci rencontrent Wang, un marchand d’eau, à qui ils demandent un gîte. Wang, après de nombreuses tentatives vaines auprès de la population, pense à Shen Té, une jeune prostituée qui accepte de loger les trois dieux pour la nuit.

En regardant la distribution d’un peu plus près, nous remarquons qu’il n’y a aucun acteur ou interprète asiatique et, pourtant, il existe au moins 100 personnes qualifiées pour jouer ces rôles dans le bottin de l’Union des Artistes.

Ce n’est pas surprenant lorsque nous savons que les minorités visibles campent moins de 5 % des rôles à la télévision et au théâtre, et qu’on considère la « norme » comme étant blanche, francophone, « québécoise », et ce dans n’importe quelle sphère. En ce qui concerne le Canada, les données les plus récentes, datant de l’an 2000, nous apprenaient que 97,7 % des journalistes canadiens, tous médias confondus, étaient blancs.

Eh ben!

Je suis vraiment tannée d’ouvrir ma télévision, mon journal, ma radio, d’aller au cinéma ou au théâtre, ou aux spectacles de la Fête nationale et d’être mal à l’aise. De ne pas me sentir à ma place parce que je ne représente pas la norme. Cette norme que nous devrions changer parce que 11 % des Québécois font partie des minorités visibles.

Rien ne sert de le nier, les médias québécois ne reflètent pas suffisamment la diversité québécoise, et il faut que ça change. La bonne nouvelle, c’est que de plus en plus de gens sont conscientisés et qu’ils en parlent publiquement. C’est toujours ça de fait.

Comme l’a déjà dit Jérôme Pruneau, directeur général de Diversité artistique Montréal (DAM), « Le talent n’a pas de couleur ou d’origine. Il devrait éclater à partir du moment où une chance de le montrer est offerte. »

Que pensez-vous de tout ça? 
 

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