Une histoire de toasts et de culpabilité

Crédit photo: wishd0ll/deviantart Une histoire de toasts et de culpabilité

Il y a quelques années, j’étais plus ronde. Je le suis encore, mais moins. Il y a 6 ou 7 ans, j’ai perdu près de 40 livres. J’étais vraiment contente et je le suis encore. Je suis fière de dire que j’ai un peu moins de difficulté à trouver des vêtements qui me font bien et dans lesquels je me trouve belle.

Au moment d’écrire ces mots, je suis assise dans un café et je fais des lectures pour ma maîtrise. Je tombe, en procrastinant, sur ce magnifique billet et je continue ma journée. Puis arrive l’heure de dîner. J’ai mangé des toasts ce matin. Rien de fou, juste deux toasts aux tomates avec un peu de margarine, un bon déjeuner quoi. Un déjeuner normal.

Il y a 6 ou 7 ans, pour perdre les 40 livres, j’ai suivi un programme de perte de poids très populaire dans lequel il était interdit de manger plus que deux portions de féculents par jour, donc bye les pâtes, pain et autres barres tendres, biscuits ou gruau pour le reste de la journée si je décide de manger des toasts le matin.

Je regarde autour de moi les gens aux autres tables qui mangent des sandwichs et j’essaie de deviner ce qu’ils ont mangé le matin pour pouvoir se permettre de manger du pain le midi. Je regrette mes toasts en me disant que j’aurais dû manger un yogourt ou un smoothie.

Je me sens encore coupable de manger ce que je veux et je traîne cette culpabilité stagnante depuis 6 ou 7 ans. Même si je ne me considère plus « au régime », j’ai encore l’habitude de calculer ce que je mange, de constamment réfléchir aux conséquences de mes choix alimentaires et je réalise que je juge des gens que je ne connais pas juste parce qu’ils mangent du pain. J’envie les gens qui arrivent à commander un muffin et à le déguster, tout simplement, en ne pensant pas aux choses qu’ils n’auront PAS LE DROIT de manger par la suite. J’aime ça, la bouffe. J’aime manger. Je mange normalement, pas trop. Ce n’est pas la fin du monde si je me laisse tenter par une chocolatine. Est-ce que je vais finir par cesser de me faire violence pour ça ?
 


Crédit : Pony/Facebook
 
Et c’est moi ou cette culpabilité-là, elle est souvent, voire essentiellement, féminine? Déjà entendu votre chums dire des choses comme « Oups, ça s’en va directement dans mes cuisses, ça! » ou « Ah, j’ai été fin toute la semaine, je peux ben manger un morceau de gâteau, mais juste un petit! »? Merci pour la belle réflexion, Rosemarie. Maintenant, je m’en vais me chercher un brownie.

Ressentez-vous parfois ce genre de culpabilité?

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

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