Skip to content
Le underboob challenge, trouver du lol dans un concept dépassé!
Crédit Josiane Stratis

Quand j’étais plus jeune, j’ai appris à rire de pas mal tout. Genre, nous n’avions pas beaucoup d’amies, Carolane et moi, alors on faisait des blagues. Je crois que l’humour nous a toujours fait passer au travers de l’adversité. C’est une de nos plus grandes qualités. 

Le sein sur la photo de couverture, c’est le mien. Si certaines blogueuses sont passées maîtres des photos sexy pour passer un message, je fais carrément le contraire. Anyway, ça fait longtemps que j’ai compris que c’est pas avec l'approbation du reste du monde que je vais être heureuse, mais en vivant ma vie comme je le veux bien.

Ce qui m'amène au underboob challenge.

HAAAA! Le underboob challenge! J'ignorais complètement l'existence de ce « test » qui établirait un autre « standard » corporel à atteindre. Un standard féminin, han. Bref, avoir des seins qui tiennent, c’est important, qu'ils disent. Pour prouver la qualité de la boule, il faut qu’un crayon tombe si on le place sous le sein. 

J’avais bu, c’était la fête de Théo, nous nous étions fait un bol du dragon, genre, avec des légumes bio et lactofermentés maison, nous avions du plaisir. Dans la communauté Facebook de TPL, l’une de nos rédactrices nous explique la nouvelle tendance de l’heure (ça fait trois semaines, ça doit être dépassé maintenant), celle du underboob challenge. Comme je voulais faire rire mes amies, j’ai ouvert ma robe chemisier et j’ai installé une brosse sous mon sein. J’ai placé mon sein pour m’assurer de tenir la brosse bien fort et j’ai pris une photo. 

Le temps a passé, mon lendemain de veille aussi, et je me suis mise à faire quelques recherches avec Carolane pour savoir what’s up avec cette idée conne. C'est en 1970 que le concept apparaît. Les premiers mouvements anti-soutiens-gorge dérangeaient. Si une femme avait le malheur d’être capable de tenir un crayon sous son sein, elle devait recommencer à porter une brassière pour remonter le tout. 

Puis, au fil des années, l'idée du test du crayon a refait surface, une fois de temps en temps, shamant et mettant de la pression sur les femmes du même coup.

Maintenant, le test a repris en force en Asie et s'est rapidement propagé un peu partout avec le mot-clic #UnderboobChallenge. Le but cette fois-ci : montrer que, si une femme a d'assez gros seins pour être considérée femme, elle peut tenir un crayon sous sa boule. Par la bande, nous avons aussi découvert le trend de la canne de boisson gazeuse entre les seins : si les seins sont assez gros pour tenir la canne, bravo, vous êtes une « vraie » femme.

Par chance, dans le cas du #UnderboobChallenge, le concept a vite été repris par des femmes qui avaient vécu une mastectomie (ablation d’un sein) et les gens ont appris à se la fermer. 

Le problème avec ça, outre que ça met encore de la pression sur le corps de la femme, c’est que ces standards ne peuvent tout simplement pas être atteints de façon saine et naturelle. Il existe aucun moyen de remonter vos seins, outre la chirurgie. Si vous avez des « trop gros » seins, c’est encore une chirurgie invasive qui pourra vous mouler aux standards. Si vous avez des petits seins, les gens se permettront de vous positionner en sous-femme, car vous ne correspondez pas aux standards. Ces standards, disons-le, établis par une bande de ploucs qui ne savent pas apprécier un corps comme il l'est vraiment. 

Ça donne mal à la tête tout ça, non? 

J’aimerais dire que la solution est facile, mais elle ne l’est pas. Pour vrai, suite à ma grossesse, j’avais l’impression d’avoir perdu quelque chose quand je regardais mes seins. Je me disais qu’ils ne seraient plus jamais à la hauteur (mon jeu de mots de la journée). J’avais réellement de la peine en me regardant dans le miroir. En discutant avec mes amies mamans, plusieurs d’entre elles me parlaient de leur désir secret de retrouver leurs seins d’antan. Puis je me suis souvenu de comment j’ai eu de la difficulté à aimer mes seins à force de me faire niaiser à l’école. Comment toute ma vie, j’ai été insatisfaite de mes deux boules, comment je n’ai presque jamais aimé mes seins. 

À cause de quoi? À cause de deux épais qui m’ont pris en grippe au secondaire parce qu’ils avaient rien de mieux à faire pour se sentir vivants et valorisés que de descendre une fille qui avait une puberté ben relaxe.

Fuck that

Maintenant, mes seins, je les adore. Mon petit underboob, je le mets en valeur. Je l’apprécie, je le trouve sexy. Et ça, même si la société voudrait tellement que je déteste mes seins pour me vendre des bébelles, crèmes et autres trucs qui gossent. J’aime mes seins parce qu’ils sont forts, parce qu’ils tiennent une brosse à cheveux quand je suis sur la brosse. J’aime mes seins mous pis vides aussi parce que je sais qu’ils ont été capables de nourrir un enfant. Et je les aime aussi parce que je sais qu’ils ont rien perdu de leur magic touch

Alors la prochaine fois que vous voyez passer un #Underboob machin, rappelez-vous d’office que vous ne pouvez jamais gagner avec les attentes irréalistes des autres. La seule façon de gagner, c’est d’apprendre, petit à petit, à les regarder, vos seins, et à vous dire que c’est correct. 

Est-ce que vous avez déjà participé à un challenge de la sorte?

Plus de contenu