Dire au revoir au fat-shaming : peser plus de 200 livres et se trouver belle, c’est possible!

Crédit photo: Adrienne Proud

« Cette fille est tellement grosse! Elle doit peser au moins deux cents livres! »  

 (silence lourd de sens)

Cette phrase, je l’entends très souvent, trop souvent. Cette phrase, c'est comme deux gifles au visage chaque fois qu’elle est prononcée. Cette phrase qui me fait tellement mal maintenant, mais qui jadis sortait parfois de ma bouche.

À l'adolescence, peser 200 livres signifiait pour moi la honte ultime.

Il faut dire que je ne blâme pas la jeune Myriam pour ses paroles shamantes. J’ai été socialisée en ayant comme modèle de beauté ultime les princesses et j'ai appris à détester les laides et grosses méchantes de Disney. Point d’information ici : avez-vous déjà remarqué que les pas fines dans les films pour enfant sont très souvent vieilles ou rondes et que les princesses sont jeunes et minces?
 


Crédit : montage de Myriam Daigneault-Roy

Un jour, l’adolescente naïve que j’étais a pris du poids, beaucoup de poids. Un doux mélange de trouble alimentaire et d’antidépresseur, ça vous change un corps, mes amis! Je sentais que j’avais grossi, mais à ce moment-là, c’était un peu le dernier de mes soucis. Si bien que lors de ma visite annuelle chez le médecin, je suis un peu tombée en bas de la balance. Je pesais 218 livres. Je me souviendrai toujours de ce chiffre qui a tant égratigné la mince carapace d'estime que j’avais de moi.

Dans mon jeune esprit, j’étais officiellement devenue grosse.

Une grosse, ça pouvait être drôle, ça pouvait être gentille, mais ça ne pouvait certainement pas être belle. Je détestais chacune des particules de graisse de mon corps.
 

Parce que j’avais d’autres bibittes à régler dans ma tête avant, je n’ai pas réussi à perdre le poids rapidement. En fait, je n’ai jamais réussi à peser moins de 200 livres depuis, même qu'avec ma dépression, j’ai pris un autre 15 livres. 

Au fil des années, j'ai appris toute la beauté de l’expression fuck off. Je me suis créé mon propre modèle de beauté et j’ai appris que je pouvais plaire, peu importe le corps que j’avais. Le poids, ce n'est qu'un chiffre, et je méritais moi aussi de me sentir belle.

Mon corps n’avait pas à être une prison de chair.
 

Par contre, il est évident que certains commentaires me donnent parfois envie de soupirer à l’infini. Ainsi, la phrase : « Mon Dieu, tu n’as pas l’air siiiiiii grosse que ça », je ne la reçois pas comme un compliment.

Je suis contente que l’on parle de plus en plus de diversité corporelle. J’ai découvert qu’il y avait des femmes rondes magnifiques et pleines de confiance en elles.

Ça me donne encore plus envie de m’aimer et de shine bright like a diamond, parce que j'y ai droit moi aussi. 
 


Crédit : Audrey Bujold et Caroline-Molie Fisette

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