Se raser les cheveux : la liberté et autres constatations.

Crédit photo: Alex Viens

Je n’aime pas qu’on me dise quoi faire. Depuis que je suis toute petite, je suis bombardée d’idées bizarres sur ce qu’est une femme. Ce que doit faire une femme. Ce qui est beau sur une femme. 

Plus jeune, on m’a dit que je ne devrais pas avoir les cheveux courts parce que « Ça va bien à celles qui ont des traits fins. » Cet énoncé était non seulement très blessant, mais c’était aussi une règle absolument stupide. 
 


Crédit : Giphy

Malgré que ce genre de commentaire m'ait marqué à vie, mes cheveux, je n’ai jamais regretté de les avoir coupés, pas même une seule fois depuis mes 14 ans.

Personne ne choisit son corps
La génétique, c’est cette chose qui fait en sorte que votre vous réel, la personne que vous êtes en dedans, va toujours être devancé par les traits que vous ont légué vos parents. C’est ce que je me répète depuis toute jeune pour m’efforcer de n’écouter que moi dans mes choix vestimentaires, cosmétiques ou capillaires. 
 


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Quand m’est venue cette rage un peu folle de me passer le clipper, j’ai dû confronter toutes ces règles qui calculent mathématiquement si une femme peut s’en sortir avec pas de cheveux. J’ai dû faire le ménage, encore une fois, entre les conventions sociales et mes propres goûts.

J’ai dû me faire à l’idée qu’il ne faut pas toujours attendre que des filles auxquelles je peux m’identifier l’aient fait avant moi (les mannequins sur Pinterest sont loin de me ressembler).

J’ai dû me laisser le droit de me surprendre et de me tromper, si jamais ça tournait mal.
 


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Les barrières descendaient tranquillement, sauf une
Je suis célibataire pour la première fois depuis quatre ans. Et j’ai eu peur de la manière dont les hommes réagiraient et agiraient avec moi-les-cheveux-rasés.

Le choc est venu avant même de passer à l’acte. J’ai beau être bisexuelle, les femmes ne suscitent pas ce mélange de peur et de besoin d’approbation que les hommes peuvent brasser en moi.

J’étais troublée de réaliser qu'au travers de toutes mes libertés, il y avait encore une petite bête noire qui reposait beaucoup plus sur mon apparence que sur ma capacité à être intéressante quand vient le temps de dater.

Et pis fuck it
J’ai écouté mes beaux élans de renouveau et de liberté, pis j’ai passé le clipper sur mes cheveux fatigués. Parce que je suis la seule à avoir un mot à dire dans ce que je trouve féminin et approprié pour mon visage. Et que les gens qui ne me trouveront pas attirante au moment où je me trouve plus cute que jamais, ce ne sont pas des gens qui m’intéressent.

C’est la fille qui n'a pas les traits assez fins qui vous le dit.   

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

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