Comment le slut-shaming de ma forte libido a affecté ma sexualité.

Crédit photo: Laura Callaghan Comment le slut-shaming de ma forte libido a affecté ma sexualité.

La sexualité a toujours fait partie de ma vie. J’ai su comment me masturber bien avant de savoir lire, c’est tout vous dire!

Mon corps avait comme cette urgence de toucher et de se faire toucher. Faire l’amour a donc été LA découverte de ma courte vie. Plus amusant que l’alcool, la slush et même La Ronde, le sexe est devenu une véritable passion. Mon copain et moi nous entraînions à notre passe-temps favori chaque fin de semaine chez nos parents respectifs. Pas très glamour, mais bien pratique.

Je n'ai plus quitté mon amoureux depuis nos premières caresses d’adolescents maladroits. C’est l’homme de ma vie et je pense bien que je suis la femme de la sienne. C’est un amant plus que parfait.

Par contre, depuis quelques années, ma libido me joue des tours. J’ai souvent envie d’aller voir si le gazon du corps est plus vert chez le voisin.

À certains moments de ma vie, ce désir était tellement fort que c’en était devenu malsain. J’étais très fâchée contre moi. J’avais le parfait amoureux. J’allais tout gâcher.

Puis, un jour, mon chum a compris toute la puissance de mon mal-être. Il a dit qu’il me permettait d’aller voir ailleurs. Compréhensif, je vous dis! Il en a sacrifié des choses pour moi. Ryan Gosling dans The Notebook, il y a rien là.

Je me suis donc exécutée. J’ai cherché à combler le vide dans mon bas ventre au moyen des bouches des autres. Des frenchs même pas genrés. J’ai eu des relations sexuelles avec un autre garçon que mon chum.

Certains de mes amis ont compris. D’autres, non. J’avais beau tout leur expliquer, le mal était fait : j’étais une traîtresse sans vergogne à leurs yeux.

Pour la première fois de ma vie, je me faisais slut-shamer.
 


Crédit : Pony/Facebook

Ma petite aventure libertine n’a toutefois pas duré très longtemps. Le fait de voir mon amoureux souffrir à cause de moi me peinait beaucoup. Je ne voulais pas le perdre et il ne pouvait pas avoir mal pour toujours. J’ai décidé que mon couple allait passer avant ma curiosité sexuelle.

J’ai canalisé ma libido en faisant l’amour avec mon chum et en me masturbant.

Par contre, je ressens maintenant une énorme culpabilité face à ma sexualité. Les commentaires shamant me hantent encore. La vie a bien fait les choses. Les amis qui me slut-shamaient ne sont plus dans ma vie. Par contre, leurs commentaires se sont écrits à l’encre permanente dans ma mémoire. Je vois maintenant beaucoup de mes envies sexuelles comme honteuses.

Ça m’attriste.

La sexualité, c’est tellement beau et doux.

J’aimerais vraiment pouvoir mettre du Liquid Paper dans ma tête sur les commentaires qui ont un peu biaisé la perception que j’ai de moi-même.

Depuis, j’essaie de bien faire attention à ce que je dis. Je ne veux plus juger quelqu’un sur son habillement ou ses conquêtes.

Jamais.

Slut-shaming no more!

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

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