Je vis avec un trouble d’anxiété généralisée (TAG) depuis maintenant 9 ans. Bon, sûrement depuis plus longtemps, mais j’ai reçu mon diagnostic à cette époque. Après deux thérapies, la prise d’antidépresseurs et l’arrêt, j’ai finalement compris qu’on ne peut pas en guérir. Il faut plutôt essayer de s’habituer à vivre avec cette réalité. Jour après jour. Minute après minute. C’est un combat constant.

Ai-je fermé le four? Oui. Non. Oui. Non. Je ne sais plus. Je retourne voir. Ah, ben oui! Je l’avais fermé.

C’est quoi, ça? Un bouton. C’est dur. C’est un kyste. C’est une tumeur. Il faudrait que je prenne rendez-vous chez le médecin. Non, c’est juste une piqûre d’insecte.

Est-ce que je lui ai fait de la peine quand j’ai dit ça? Elle ne voudra plus me parler après. Elle va le dire à mon boss. Mon boss va me rencontrer dans son bureau. Je vais être réprimandée.  

Ces scénarios-catastrophes m’arrivent plusieurs fois par jour. C’est pour ça que je dors autant : je suis épuisée.


Crédit : Spencer via heymonster/tumblr

Je n’écris pas ce billet pour faire pitié. En fait, ça fait des années que je cherche quelqu’un à qui m’identifier, tant sur les réseaux sociaux que dans les groupes d’entraide. Personne. Alors je me suis dit que je pourrais devenir cette personne, celle qui vous dit que vous n’êtes pas seul(e)s, qu'elle est là à capoter, elle aussi, de son bord, à paniquer et à penser qu'elle est folle. Et pourtant, je suis fonctionnelle : je travaille et j’ai des ami(e)s, mais tabarouette qu’il y a des jours où je me demande comment mettre un pied devant l’autre sans qu’il arrive une catastrophe. La plupart du temps, il n’arrive rien.

Je n’écris pas non plus ce billet pour vous dire que tout va mal ni que tout va bien. Juste la vérité, la réalité; quelques anecdotes de mon quotidien qui vous feront sourire, qui vous feront peut-être dire : « Eh boy, je suis de même, moi aussi… ».

Je ne vous cacherai pas que j’ai peur. J’ai peur de me dévoiler, d’associer mon nom à ce texte. Maintenant, mes collègues de travail seront au courant. Mes connaissances, mon entourage, peut-être même la caissière du marché au coin de chez moi, mais je me DOIS de le faire. Pour moi. Pour vous. Pour tous ceux et celles qui vivent dans l’ombre et qui pensent au pire (je suis intense, mais c’est vrai!).

Est-ce que vous vivez ou connaissez quelqu’un qui vit avec un trouble d’anxiété? Comment l'expérimentez-vous?

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