Petite, j’adorais la rentrée. Après Noël et ma fête, c’était probablement mon moment préféré de l’année. Je retrouvais mes amis, mes profs, mes habitudes et, en plus, j’avais plein de nouveaux cahiers aux imprimés de chats et des crayons qui sentaient le ciel.
 
En grandissant, j’ai toujours continué d’aimer cette période de l’année parce que ça sonnait le retour au confort, à la routine et le début de l’automne. Après treize ans dans la même école, j’ai intégré Concordia en septembre 2012, stressée par l’incertitude de l’année qui commençait.
 
J’ai foxé ma première journée sous prétexte que je ne trouvais pas ma classe. Faut dire que j’ai cherché un bon trente secondes avant de partir presque à la course. Dans la suite logique des événements, j’ai rejoint une amie pour bruncher.


Crédit : m00nfairie/Tumblr
 
 
Durant ma première session, j’essayais de me motiver à aller à mes cours, même si toutes les excuses devenaient de bonnes raisons de rester sous ma couverte avec mon chat.

 
Je réagissais assurément très mal au changement et à l’inconnu.

 
Pendant treize ans, j’ai côtoyé les mêmes élèves, traversé les mêmes couloirs, écouté les mêmes profs, me suis assise dans les mêmes classes. Pendant treize ans, on m’a tenu la main à chaque étape que je franchissais, on m’a constamment entourée et couvée.

 
Quand j’ai quitté le nid du système français, étant laissée à moi-même face au grand inconnu d’un nouvel établissement, d’une autre administration, de locaux différents, j’ai littéralement capoté.


Ma réaction en arrivant à l'université.
Crédit : omen-the-undying-kaizoku/Tumblr

 
Un mur s’est dressé devant moi, pis au lieu de prendre mon courage à deux mains et d'essayer de l’escalader et de découvrir ce qu’il cachait, je suis restée de mon côté, tétanisée.
 
Mon entourage, l’Internet et les adultes de ce monde m’avaient vendu un rêve universitaire à coup de belles paroles optimistes promettant une expérience inoubliable et enrichissante. Ce rêve s’est rapidement effondré. J’étais malheureuse et je voulais tout lâcher, me répétant que ce n’était pas pour moi, mais je culpabilisais envers mes parents qui payaient mes études.
 
Je me faisais un devoir d’au moins rendre justice à leur investissement dans mon éducation. Un peu comme Caroline, je voulais être fière de mes notes, quitte à y trouver une fine source de motivation pour ne pas abandonner. C’est pas mal la seule raison qui m’a poussée à terminer ma première et seule année à Concordia.
 
J’ai la chance d’avoir des parents compréhensifs qui ont décidé qu’il valait mieux que j’arrête les études si j’étais aussi insatisfaite et malheureuse. Après une année sabbatique à chercher ma voie et voyager, j’ai repris les cours dans un programme et une université complètement différents.


C'est presque ça.
Crédit : Giphy
 

 
J’entame maintenant ma deuxième année et je suis beaucoup plus sereine. J’ai arrêté de démoniser la vie universitaire avec le temps et mon amour pour la rentrée est presque revenu.  

Avez-vous déjà voulu abandonner les études?

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