Rupture amoureuse : une métaphore de vases.

Crédit photo: Montage Tumblr Rupture amoureuse : une métaphore de vases.

Petit exercice de métaphore.

Il y a des années, très longtemps, tu avais un vase. Un grand vase en bois, solide, un peu rough sur les bords. Pas plein de fioritures, mais un vase solide, qui ne cassait pas quand tu l’échappais par terre. Il te permettait de mettre toutes les fleurs que tu voulais dedans. Ça faisait parfois des agencements bizarres, mais c’était facile et harmonieux quand même.

Un jour, après un moment, tu t’es tannée de ton vase en bois solide. Tu avais vu un superbe vase en porcelaine, un truc spécial. T’as pas pu résister et tu l’as amené avec toi.

Oh, il était beau ce vase, il allait mieux dans ton décor de fille qui décore encore comme quelqu’un de pas habitué. Qui décore comme elle voit le monde décorer, sans style personnel. Sur le coup, tu étais vraiment fière de ton nouveau vase. Tu as tassé l’autre qui ne t’avait jamais laissé tomber et tu as tenté de l’oublier.

Après quelque temps, tu t’es rendu compte que ce vase-là ne fittait pas tant que ça dans ton décor qui devenait de plus en plus personnel. Il détonnait. Tu mettais ça sur la faute de ton manque d’expérience en décoration. Tu lui trouvais toutes sortes d’excuses.

Un jour, un gros coup de vent l’a poussé par terre. Il s’est ébréché un peu. Tu t’en es tellement voulu! Tu te trouvais mille raisons pour t’en vouloir. Il est devenu un peu moins beau, mais avec les fleurs que tu mettais dedans, ça paraissait moins. Oh, parce que monsieur le vase ne prenait pas n’importe quelles fleurs! Juste celles qui s’agençaient à ses motifs uniques.

Le temps passait. Une fois, tu as tourné le coin un peu vite et il a explosé sur ton plancher. En dix morceaux! Tu l’as recollé comme tu pouvais. Tu n’as jamais eu de talent en décoration. L’eau passait un peu au travers, mais ça s’essuyait facilement. Les fleurs restaient dedans.


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Tu l’as échappé quelques fois par terre. Chaque fois, tu le recollais du mieux que tu pouvais. À la longue, il commençait à avoir l’air drôle, avec son eau qu’il n’arrivait plus à contenir, avec les fleurs que tu ne décidais pas vraiment de mettre dedans, à cause de ses motifs. Tu te blessais les mains à chaque fois, les rebords des morceaux te coupaient et te faisaient grincer des dents. Tu reluquais ton ancien vase en bois solide, celui qui te laissait faire tous les agencements floraux que tu voulais, sans que rien n’ait besoin de colle.

Tu recollais quand même ton vase. Tu passais ton temps à le recoller. Tu n'avais plus le temps de trouver des fleurs pour mettre dedans. Plus le temps de le recoller correctement pour que l’eau ne s’écoule pas en une journée. Plus le temps d’essuyer l’eau qui s’échappait toujours. Tu mettais moins d’eau. Le vase en bois était toujours dans un coin de ton décor, loin, et tu te demandais souvent pourquoi tu te donnais toute cette peine à recoller des choses qui ne collent plus. Qui n’avaient jamais vraiment collé.

Tes mains avaient plein de coupures. Ton décor avait changé. Des fleurs que tu gardais près de toi avant, que tu aimais beaucoup, fanaient. Après beaucoup de temps, trop de temps, tu t’es débarrassé de ce vase en porcelaine et de ses motifs uniques.

Tu as retrouvé celui en bois.
Tu t’es rendu compte de sa solidité.
Tu t’es rendu compte que toutes les fleurs que tu aimais pouvaient aller dedans. Tu as beaucoup aimé les agencements.
Tu as regardé de plus près et tu as vu toute la subtilité du bois. Sa fragilité. Tes fioritures. Tu as trouvé ça beau.

Ça a été ton dernier vase. Tu t’arranges pour l’entretenir, pour que le bois reste beau. L’eau ne s’écoule plus. Tes fleurs ne fanent plus.

Ton décor est plus beau, aussi.
 


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